« Je n’ose pas ouvrir mon magasin »
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Lina Abou Ziki, 35 ans, employée dans un salon de coiffure, est venue travailler "parce que je ne suis pas de l'opposition". "Ce qu'ils (les manifestants) font aujourd'hui nous porte davantage préjudice que la situation économique", ajoute-t-elle.
Des militaires en tenue anti-émeute ont installé des barbelés devant la Banque centrale, dans le centre-ville, où devait se tenir un rassemblement. Mais la manifestation, à l'appel de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), a été annulée. La majorité des manifestants étaient bloqués par les barricades.
Sur la rue Hamra, une artère commerçante, Sanaa Hatem a préféré ne pas ouvrir son magasin de vêtements féminins. "Je suis contre la grève et contre les méthodes du Hezbollah (le parti chiite, chef de file de l'opposition) qui ont fait partir les touristes du pays, mais je n'ose pas ouvrir", dit cette veuve de quatre enfants. "S'ils l'endommage, qui me paiera les réparations?", demande-t-elle".
La CGTL a appelé à la grève pour forcer le gouvernement à augmenter le salaire minimum, qui n'avait pas connu de hausse depuis 1996. Elle estime insuffisante le coup de pouce de 130 dollars décidé mardi par le gouvernement, qui porte le salaire de base à 500.000 livres (330 USD), et demande qu'il atteigne 900.000 livres (600 USD). Mais le ministre des Finances Jihad Azour a écarté cette revendication, expliquant qu'elle pourrait conduire à une hausse de l'inflation.
Majdi Kobeissi, 26 ans, explique qu’il a souhaité faire grève ce mercredi. Son patron l'a pourtant menacé de réduire son salaire de moitié s'il restait chez lui. "Ce que je gagne ne me permet même pas de joindre les deux bouts, alors que faire si je veux fonder une famille?", explique ce portier d'une officine de change.