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Alors que les Libanais commémorent dimanche l'anniversaire du début de cette guerre de quinze ans (1975-1990) par des campagnes affirmant leur refus d'un nouveau conflit, les divisions au sein des communautés attisent les craintes. "Les sunnites détestent les chiites et les chiites détestent les sunnites car le sang a coulé entre eux", dit Khalil Sawan, 65 ans, un sunnite propriétaire d'un café à Beyrouth. Des accrochages ont opposé ces derniers mois les musulmans sunnites, partisans de la majorité antisyrienne, et les chiites soutenant l'opposition menée par le Hezbollah et le mouvement Amal, appuyés par Damas et Téhéran, alors que le Liban est plongé dans une crise politique depuis un an.
Le paysage a pourtant changé sur l'ancienne Ligne verte qui départageait la ville. Barricades, remparts de sacs de sable et hommes en treillis aux cheveux hirsutes brandissant fièrement fusils et lance-roquettes ont disparu. Seuls quelques immeubles, portant encore des impacts de balle, témoignent de cette guerre fratricide.
Les protagonistes ont aussi changé. En 1975, la guerre opposait les chrétiens et les factions palestiniennes établies au Liban, armées jusqu'aux dents et appuyées par le Mouvement national, formé essentiellement de membres de la gauche et de musulmans. Aujourd'hui, les chrétiens sont divisés entre partisans et opposants de la majorité au pouvoir. "Avant, vous saviez qui était votre ennemi. Aujourd'hui, un père et un fils peuvent être ennemis s'ils appartiennent à des partis différents", déclare Roger Chayeb, 51 ans. "Une ligne de front peut même être tracée dans une chambre à coucher entre un mari et sa femme", ajoute cet ancien membre des Phalanges (droite chrétienne), fer de lance des combats contre les Palestiniens.
Ce schisme chrétien s'est reflété le 23 janvier 2007 par des affrontements entre les partisans du Courant patriotique libre du général Michel Aoun, allié du Hezbollah, et ceux des Forces libanaises, faisant plusieurs victimes.