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Désespérée, seule et enceinte : pourquoi tant de femmes ont recours à l’avortement au Liban ?
 
Deux exemples : Maya et Rania


reportage
"J’avais 20 ans quand j’ai vu le signal du test de grossesse virer au positif", raconte Maya, 30 ans aujourd'hui. " J’ai failli m’évanouir. Je n’avais pas d’autres choix que d’avoir recours à l’avortement. J’étais enceinte de deux mois sans le savoir, car j’avais un cycle menstruel irrégulier. Il m’a fallu un mois pour trouver quelqu’un qui puisse m’aider. Je n’avais pas la possibilité de me demander si je voulais garder le bébé ou pas. Imaginez un peu, célibataire et enceinte au Liban ! C’était il y a presque dix ans, et j’étais encore étudiante, sans argent. Mon ami de l’époque et moi-même ne pouvions pas envisager de faire appel à nos parents pour nous aider. Même les docteurs ont compati.

Cependant, après la procédure, le médecin qui avait réalisé l’intervention m’a dit « levez-vous et venez voir votre enfant dans ce tube »… j’étais épouvantablement choquée, j’avais terriblement mal et émotionnellement épuisée. Je ne me suis jamais sentie aussi mal de toute ma vie".

Dix ans plus tard, l'exemple de Rania

"C’est arrivé il y a un an. J’ai 26 ans aujourd’hui. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ça n’a pas été difficile de trouver quelqu’un pour avorter. Je n’ai fait qu’un passage de deux heures à l’hôpital. Le médecin a été très gentil, il m’a donné des conseils pour éviter de me retrouver dans la même situation une prochaine fois.

L’homme avec qui j’étais à l’époque a cessé de prendre mes appels dès qu’il a su que j’étais enceinte de lui. Il avait promis de m’épouser, alors j’avais pensé qu’on aurait tout simplement pu se marier plus tôt que prévu et avoir notre enfant. Mais il m’a abandonnée. Je n’avais pas d’argent et peu d’amis, et bien évidemment je ne pouvais pas en parler à ma famille. Quel choix avais-je alors ? Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait mais je n’avais pas d’autre possibilité".
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