Dans un pays marqué par les problèmes politiques, économiques et existentiels, et en pleine stérilité du premier, du second et du troisième pouvoir, l’un des derniers moyens pour atteindre la justice reste le quatrième pouvoir : la Presse. Ghada Eid, l’animatrice du programme télévisé Al-Fasad (« la corruption ») sur la chaîne New TV, se distingue parmi les défenseurs de la justice. Son programme, diffusé depuis trois ans, traite de sujets délicats. Au cours d’une entrevue exclusive avec iloubnan.info, Ghada Eid a abordé des sujets personnels et professionnels, allant du début de sa carrière aux sujets diffusés par « Al-Fasad ». |
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Ghada Eid: Quel est votre formation ?
iloubnan.info : J’ai reçu mon diplôme de Journalisme de l’Université Libanaise et j’ai poursuivi mes études en Master plus tard dans le même domaine. J’ai travaillé dans plusieurs médias. J’ai toujours été intéressée par les problèmes des gens et par les questions juridiques.
Où avez-vous vraiment fait vos debuts ?
Dans Nida’ el-Watan (« L’appel du pays »). J’y étais chargée de la section de reportages intitulée Nida’ al-Nass (« L’appel du peuple »).
Quelle est votre appartenance politique?
Je n’appartiens à aucun parti politique. Je garde ma liberté de penser, c’est pourquoi j’ai été toujours capable de mener une discussion et ma carrière sur n’importe quel sujet en restant tout à fait neutre.
Cependant, dans un discours que vous avez prononcé après les événements de Zahlé, vous n’êtes pas apparue comme objective. Pourquoi ?
C’était un discours émotionnel ; mon cousin a été une innocente victime de ces événement. Il était directeur du bureau des Kataeb à Zahlé et il a été assassiné à cause de ses points de vue politiques. Il est un martyr mort pour ses convictions, je n’en doute pas. Je pense que les Kataeb ont protégé le Liban à un certain moment dans l’histoire. Je pense que les Kataeb sont aussi une résistance. J’ai été élevée dans un environnement de Kataeb et ma famille faisait partie des Kataeb. Je maintien des bonnes relations avec ce parti, même si je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer le Président Amine Gemayel. Cependant, comme je l’ai déjà dit, je reste loin de toutes les entités politiques et je demeure indépendante et libre.
Qu’est-ce qui a changé dans le programme Al-Fasad depuis sa première diffusion ?
Pour ce qui concerne la structure, rien n’a vraiment changé. Ce programme maintien toujours une seule politique : l’audace. Les sujets ont en train d’évoluer et le nombre de personnes qui interagissent avec nous et qui réagissent à nos thèmes ne fait qu’augmenter.
Est-ce-que la chaîne télévisée New TV intervient dans le choix de vos sujets de discussion ?
Pas du tout, je choisi mes propres sujets en tout cas ceux qui méritent d’être travaillés et développés sont tout de suite préparés et diffusés.
Selon vous, qu’est-ce qui distingue Al-Fasad des autres programmes ?
Al-Fasad est plus proche du public que le reste des programmes. Il traite des sujets d’une manière très simple. D’une part, il traite les problèmes des citoyens, et d’autre part la corruption et les fraudes dans le gouvernement. Ce programme peut être considéré comme une révolution soit directe, soit indirecte, grâce aux témoignages en direct et aux documents vérifiés légalement, qui ne peuvent pas être réfutés. Cela a conféré à ce programme un style unique.
Comment répondez-vous aux accusations selon lesquelles Al-Fasad traite de sujets en faveur du 8 Mars ?
Cela n’est pas vrai du tout. Il y a plusieurs numéros contre des ministres du 8 Mars.
Pouvez-vous citer quelques exemples ?
Le numéro de l’émission consacré au ministère de l’Agriculture, au centre de recherche et de développement, à la délégation de Reconstruction du Sud ; dans certains numéros, les courants du 8 et du 14 Mars ont tous les deux été accusés.
Avez-vous été menacée à cause de certains numéros de votre émission ?
Oui, plusieurs fois. Mais cela est vraiment idiot et ne me fait pas peur du tout.
Quel message délivrez-vous aux citoyens à travers votre travail ?
Je dis aux citoyens qu’ils ne doivent pas penser que les tyrans sont forts : ces derniers comptent sur notre résignation, nos peurs et nos faiblesses. Nous devons être plus forts qu’eux. Et nous pouvons y parvenir lorsque nous cessons d’appartenir à des partis politiques. De plus, il ne faut pas qu’on pardonne à nos leaders ; même si nous aimons un leader, nous devons le questionner et le tenir pour responsable de ses actes. Le pays passe avant tout le monde. Je souhaite aussi que les leaders soient plus sensibles aux problèmes des citoyens.
Et dans ce contexte, je tiens à affirmer, pour la première fois à travers un média, que nous comptons lancer notre Association Nationale de lutte contre la Corruption, dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion publique sur les exigences essentielles. Notre premier but serait de diminuer les coûts d’utilisation des téléphones portables. Nous avons déjà préparé une pétition dans l’émission télévisée Al-Fasad. Cependant, nous attendons la réouverture du parlement pour la délivrer au gouvernement. Nous allons bientôt recruter de nouveaux membres. Cependant, nous attendons encore la formation du gouvernement pour lancer l’association.
Votre organisation jouera-t-elle un rôle politique ?
Nous pourrions soutenir de nouveaux candidats plus tard car nous encourageons les nouvelles figures politiques à se présenter aux élections.
Qu’est-ce que vous promettez aux spectateurs du programme Al-Fasad ?
Je promets de rester sincère et honnête dans mon domaine et j’incite chaque personne qui a un problème avec le gouvernement ou les institutions légales à nous contacter. Je serai prête à l’aider de toutes les manières possibles.
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