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Hoojoozat.com : le petit frère électronique de Nakhal
Le 18 juin 2008, Par Élodie Morel Lebbos
 
Acteur majeur du secteur touristique avec sa mythique agence de voyage libanaise Nakhal, qu’il a fondée en 1959, Elie Nakhal s’est lancé cette année sur Internet en créant le site Hoojoozat.com. Comme son nom l’indique (hoojoozat veut dire « réservation » en arabe), ce site e-commerce est dédié à la réservation en ligne d’hôtels dans le monde entier. Il est géré par la société Hoojoozat : distincte de la société Nakhal, elle en constitue néanmoins un véritable prolongement électronique et lui ouvre les portes vers une clientèle internationale.
Entretien avec Elie Diab, directeur de la société Hoojoozat.
 


iloubnan.info: Qui est à l’origine du concept du site?
Elie Diab: C’est une idée qu’Elie Nakhal a commencé à développer en 2006. A l’époque, il s’agissait de lancer un système de réservation en ligne pour les hôtels et autres services touristiques au Liban : nous cherchions à encourager la venue des touristes au Pays du Cèdre, qui baignait alors en pleine euphorie. Puis cette même année, ce fut la guerre de juillet. A ce moment là, nous avons réalisé qu’il était impossible de continuer dans l’idée de vendre des services touristiques au Liban uniquement. En raison de l’instabilité, nous avons décidé de proposer des hôtels partout à travers le monde. Quoi qu’il en soit, avec ce site de réservation en ligne, Elie Nakhal est devenu pionnier dans ce secteur au Liban. Il était déjà l’un des premiers à avoir compris l’importance d’Internet : il avait mis en ligne le site institutionnel de Nakhal au début des années 90, bien avant le boom d’internet dans le grand public !

Hoojoozat permet donc à Nakhal à la fois d’étendre son activité vers des clients internationaux et de pallier à la situation instable du pays ?
Oui, le Liban est un petit marché particulièrement instable. La situation bascule très vite dans un sens ou dans l’autre, les derniers événements l’ont à nouveau prouvé. On ne peut pas planifier grand-chose sur plus d’un an... et encore. C’est pour cela que nous avons voulu étendre notre marché vers l’extérieur du Liban. Quand elles choisissent d’étendre leurs activités et de toucher de nouveaux clients à l’étranger, les sociétés libanaises ouvrent souvent des branches dans les pays arabes. De notre côté, avec la société Hoojoozat, nous avons choisi d’étendre notre activité au monde entier via l’internet. Cela nous a été possible grâce notamment aux contacts que nous avions déjà avec les hôtels internationaux.

Quelle est le modèle économique de Hoojoozat ?
Nous prélevons une commission sur les réservations faites. Cette commission nous apporte notre bénéfice après en avoir déduit les frais du paiement par carte de crédit.

Comment se positionne le Liban sur le marché international de la réservation en ligne ?
Alors que beaucoup de réservations dans le monde se font déjà en ligne, le Liban a pris un peu de retard sur cette tendance. Pour le moment nous n’avons pas de concurrents au Liban ou dans les pays arabes, mais d’ici un an nous devrions en compter trois ou quatre. Mais tant mieux, la compétition est une bonne chose pour le marché.

Hoojoozat et Nakhal sont deux sociétés distinctes : quel rôle peut jouer Hoojoozat vis-à-vis de son « aînée » ?
Aujourd’hui, Hoojoozat doit constituer un fort soutien pour Nakhal, notamment en lui permettant d’aller davantage vers des clients individuels. Lui qui a toujours été plutôt tourné vers les groupes et pouvait faire voyager 2000 personnes par semaine n’organise maintenant que quatre ou cinq vols charters hebdomadaires.

Combien de clients comptez-vous ?
Nous comptons sur Hoojoozat actuellement 20 à 30 000 clients individuels, un chiffre que nous souhaitons tripler d’ici un an. Environ la moitié de nos clients se trouvent dans les pays du Golfe, notamment aux Emirats arabes unis, au Koweït et en Arabie saoudite. Leurs destinations privilégiées sont l’Egypte et Dubaï. A noter qu’une bonne partie de nos clients sont des hommes d’affaire.

Quelle est votre stratégie de développement ?
Pour nous, le marché occidental est saturé, on mise sur le marché des pays arabes. C’est d’ailleurs pour cela que le site existe en version anglaise et aussi en arabe. Nous voulons donc renforcer encore notre présence dans les pays arabes, où l’on attend davantage de clics. Dans un an, on espère doubler voire tripler le nombre de nos salariés.
Nous faisons du e-marketing sur les sites internet visités par les internautes arabes, et les catégories socioprofessionnelles supérieures. Nous organisons aussi des campagnes sur des media papier. Certaines campagnes de communication s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers de dollars.
 
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