Composée de Sharon Friel (University College London, Londres,
Grande-Bretagne), Mickey Chopra (Medical Research Council, Le Cap,
Afrique du Sud) et de David Satcher (Morehouse School of Medicine, Atlanta, Etats-Unis), cette équipe a établi que l'obésité était un problème global, mais inégalement réparti selon les pays et à l'intérieur même de chaque pays.
Selon eux, agir uniquement pour inciter les individus à manger mieux et à avoir plus d'activité physique, revient à passer à côté du "coeur du problème", à savoir l'inégale répartition des facteurs favorisant un bon poids pour la santé. Parmi ces facteurs, ils soulignent par exemple l’importance des plans d'urbanisme, favorisant ou non les déplacements à pied et l'accès à des espaces où se dépenser. Un facteur concernant sans aucun doute le Liban où la population se déplace rarement autrement qu’en voiture. Autres facteurs : les conditions de travail, les structures commerciales (grandes surfaces ou petits commerçants et marchés locaux)...
Selon ces chercheurs, pour être efficace, une stratégie de prévention de l'obésité exige "une action concertée aux niveaux global, national et local", impliquant de multiples secteurs et dont les professionnels de santé seraient le fer de lance.
Pour illustrer les initiatives européennes contre l'obésité, le British Medical Journal décrit le programme français Epode (Ensemble prévenons l'obésité des enfants) lancé en janvier 2004 à l'échelon local par dix villes de France. Enseignants, professionnels de santé, parents, associations et commerçants sont invités à participer aux initiatives mises en place dans les écoles : établir des menus santé, découvrir les fruits et légumes, jouer à chat perché, prendre le "bus pédestre" c'est-à-dire aller à l'école à pied encadré par des adultes.
L'initiative Epode s'est étendue à 113 autres villes françaises (concernant ainsi plus d'un million de personnes) et a fait des émules en Belgique et en Espagne.