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Israël multiplie les menaces contre les installations civiles au Liban
JERUSALEM, Par Jean-Luc RENAUDIE
AFP - Le 20 août 2008
 
Israël multiplie les avertissements à l'encontre du Liban, menaçant mercredi d'y attaquer les infrastructures civiles en cas de nouveau conflit avec le Hezbollah.


"A partir du moment où le gouvernement libanais a conféré une légitimité au Hezbollah, il doit comprendre que tout l'Etat libanais constitue une cible, de la même manière que tout Israël constitue une cible pour le Hezbollah", a prévenu le ministre de l'Environnement Gideon Ezra, à la radio publique.

La veille, le Premier ministre Ehud Olmert a lui aussi durci nettement le ton en affirmant qu'Israël ne s'imposerait plus de "restrictions" militaires si une nouvelle guerre éclatait.

Bien que l'aviation israélienne ait bombardé l'aéroport de Beyrouth et une dizaine de ponts au Liban durant la guerre avec le Hezbollah du 12 juillet au 14 août 2006, les dirigeants israéliens ont soutenu qu'ils s'étaient efforcés d'épargner les infrastructures non liées au mouvement chiite.

Le conflit qui avait dévasté le Liban avait fait plus de 1.200 tués dans ce pays, civils pour la plupart, et 160 tués, côté israélien, en majorité des militaires.

"A l'époque nous avions le Hezbollah dans le collimateur et non pas l'Etat libanais. Mais le Hezbollah ne vit pas sur la lune et des infrastructures ont été touchées", a dit à l'AFP un responsable israélien qui a requis l'anonymat. Il ne s'agissait pas d'une politique délibérée "mais de cas exceptionnels".

M. Ezra a lui aussi défendu cette thèse. En 2006 "nous avions envisagé la possibilité d'attaquer les infrastructures au Liban, mais cette option n'avait pas été retenue", a déclaré ce proche de M. Olmert.

Interrogé par l'AFP, Mark Regev, le porte-parole de M. Olmert, a souligné "qu'à partir du moment où le Hezbollah a pris le contrôle du gouvernement libanais nous devons en tirer les conséquences".

M. Olmert avait aussi fait allusion à de possibles attaques contre des infrastructures civiles. En 2006, "nous disposions de moyens beaucoup plus massifs que ceux que nous avons utilisés car nous combattions une organisation terroriste et non un Etat, mais si le Liban devient un Etat du Hezbollah nous ne nous imposerons aucune restriction".

Politiquement affaibli par les échecs de ce conflit et son implication présumée dans une série d'affaires de corruption, M. Olmert a annoncé fin juillet qu'il démissionnerait lorsque son parti, le Kadima, lui aura désigné un successeur. Le premier tour des primaires au sein du parti est prévu le 17 septembre.

Le Hezbollah était parvenu en 2006, malgré des raids aériens massifs et des incursions terrestres israéliennes dans le sud du Liban, à tirer quelque 4.000 roquettes vers la Galilée contraignant près d'un million d'Israéliens à se réfugier dans des abris.

Selon les dirigeants israéliens, le Hezbollah "tire les ficelles" et a obtenu un droit de veto au sein nouveau gouvernement d'union nationale dirigé par Fouad Siniora, qui a obtenu le 12 août la confiance du parlement.

Ils soulignent que ce cabinet s'est refusé à désarmer le Hezbollah et lui a donné le feu vert pour continuer à contrôler militairement le sud du Liban.

La déclaration de politique générale du gouvernement libanais affirme pour sa part l'autorité de l'Etat dans tous les dossiers, y compris sur l'arsenal du Hezbollah, mais sans préciser comment un contrôle pourrait s'exercer.

La précédente guerre avait éclaté après que le Hezbollah eut enlevé à la frontière deux soldats israéliens, qui sont morts et dont les dépouilles ont été remises à Israël en juillet dernier dans le cadre d'un échange avec le mouvement libanais.

 
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