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Le président libanais en Syrie pour assainir les relations
Damas, Par Roueida MABARDI
AFP - Le 13 août 2008
 
Michel Sleimane est arrivé mercredi à Damas pour la première visite d'un président libanais depuis le départ des troupes syriennes du Liban en 2005 au cours de laquelle il doit s'entretenir avec le président Bachar al-Assad de l'établissement de relations diplomatiques.

M. Sleimane, accompagné de son épouse et du ministre des Affaires étrangères Faouzi Salloukh, a été accueilli à l'aéroport par le président Assad et son épouse.

Les deux présidents se sont rendus aussitôt au Palais du peuple, sur le mont Qassioun, où M. Sleimane a été accueilli avec tapis rouge et garde d'honneur.

Leurs entretiens visent à assainir les relations bilatérales, mises à mal par une tutelle syrienne de près de trois décennies sur le Liban.

MM. Sleimane et Assad, qui s'étaient rencontrés en juillet à Paris en marge de la réunion de l'Union pour la Méditerranée (UPM), doivent discuter de l'établissement de relations diplomatiques et de l'ouverture d'ambassades en Syrie et au Liban, pour la première fois depuis l'indépendance des deux pays il y a plus de 60 ans à la fin du mandat français.

Ils devraient également soulever des questions épineuses, comme la délimitation des frontières, la révision d'anciens accords, la question des détenus libanais en Syrie et celle des mouvements palestiniens pro-syriens armés présents au Liban, selon des sources diplomatiques.

"Cette visite est un point de départ (...) pour les relations futures" entre les deux pays, a estimé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, dans une interview au quotidien libanais As-Safir paru mercredi.

M. Assad a "fait savoir à tous les responsables syriens qu'il voulait que cette visite soit réussie et fructueuse", a ajouté M. Mouallem, cité par As-Safir.

La presse officielle syrienne s'est félicité de cette visite. "Nous souhaitons l'établissement d'excellentes relations basées sur le respect, l'amitié et la coordination", écrit le quotidien gouvernemental Techrine.

Le journal évoque des "erreurs commises par le passé qui seront surmontées par l'établissement de relations diplomatiques, (la révision) d'accords conclus, et (le règlement) du dossier des détenus (libanais et syriens) dans les deux pays".

Michel Sleimane, ancien chef de l'armée, a été élu le 25 mai après un accord conclu à Doha le 21 mai entre la majorité parlementaire, soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et l'opposition, conduite par le mouvement chiite Hezbollah et appuyée par Damas et Téhéran.

L'accord de Doha a mis fin à une crise politique qui avait paralysé les institutions pendant 18 mois et dégénéré en affrontements meurtriers qui ont fait craindre un retour à la guerre civile.

La situation reste cependant instable sur le plan de la sécurité. Mercredi matin, un attentat a frappé Tripoli (nord) tuant au moins quatorze personnes dont neuf soldats et un enfant. M. Sleimane a dénoncé un attentat "terroriste" et la Syrie un "acte criminel".

"La Syrie souhaite un Liban stable, uni et arabe qui ne serve pas de tremplin à des activités hostiles", a déclaré à l'AFP Elias Mourad, rédacteur en chef d'Al-Baas, journal du parti au pouvoir à Damas.

Les responsables à Damas ne cessent de répéter que la Syrie "n'intervient plus dans les affaires du Liban" depuis le retrait de ses troupes en avril 2005, deux mois après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri à Beyrouth, pour lequel Damas a été pointé du doigt.

Le quotidien libanais An-Nahar soulignait cependant dimanche "les doutes qui subsistent (...) sur la manière dont la Syrie gèrera les relations" avec son ancien protégé, résumant des soupçons sur les intentions réelles de Damas.

Un "Traité de fraternité et de coopération" signé le 22 mai 1991 entre les deux pays, stipulant "le plus haut degré de coordination" dans les domaines politique, économique et de sécurité, avait officialisé l'hégémonie syrienne.

 
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