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Le président libanais se rend en Syrie pour assainir les relations
DAMAS, Par Roueida MABARDI
AFP - Le 12 août 2008
 
Michel Sleimane effectue mercredi et jeudi la première visite à Damas d'un président libanais depuis le départ de l'armée syrienne du Liban en 2005, visant à assainir les relations bilatérales mises à mal par une tutelle syrienne de près de trois décennies.

Les présidents Sleimane et Bachar al-Assad, qui s'étaient rencontrés le mois dernier à Paris en marge de l'Union pour la Méditerranée (UPM), soulèveront des "dossiers épineux", comme la délimitation des frontières, y compris celui des fermes de Chebaa occupées par Israël, la révision d'anciens accords conclus, la question des détenus libanais en Syrie et celle des mouvements palestiniens pro-syriens armés présents au Liban, ont indiqué des sources diplomatiques.

"L'établissement de relations diplomatiques entre Damas et Beyrouth et l'ouverture d'ambassades respectivement dans les deux pays pour la première fois de leur histoire seront au centre des discussions des deux chefs d'Etat", a affirmé un responsable libanais lundi à Beyrouth, sans préciser de date pour cette normalisation.

Les présidents Sleimane et Assad avaient annoncé à Paris leur volonté d'établir des relations diplomatiques, pour la première fois depuis l'indépendance de la Syrie et du Liban il y a plus de 60 ans à la fin du mandat français. "Nous sommes déterminés à ouvrir une ambassade au Liban", avait aussi assuré le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem en remettant le mois dernier une invitation au président Sleimane à venir en Syrie. Il n'avait toutefois pas donné de calendrier.

"La Syrie souhaite un Liban stable, uni et arabe qui ne serve pas de tremplin à des activités hostiles", a déclaré à l'AFP Elias Mourad, rédacteur en chef d'al-Baas, journal du parti au pouvoir à Damas.
La Syrie "n'intervient plus dans les affaires du Liban" depuis le retrait de ses troupes en avril 2005, deux mois après l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri à Beyrouth, pour lequel Damas a été pointé du doigt, répètent les officiels syriens. Ils affirment oeuvrer "en faveur de l'entente libanaise" comme lors de l'accord de Doha qui a mis un terme à la crise institutionnelle au Liban et
permis l'élection du président Sleimane. Cet accord a été signé le 21 mai au Qatar entre la majorité parlementaire anti-syrienne, soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et l'opposition libanaise, conduite par le Hezbollah chiite et appuyée par Damas et Téhéran.

Le quotidien libanais an-Nahar soulignait cependant dimanche "les doutes qui subsistent (...) sur la manière dont la Syrie gèrera les relations" avec son ancien protégé, résumant des soupçons de la communauté internationale et de la majorité antisyrienne libanaise sur les intentions réelles de Damas qui a toujours parlé de "relations privilégiées" entre les deux pays.

Au Liban, des figures de la majorité ont "exprimé l'espoir" que Damas tiendra ses promesses et demandé "la révision des accords iniques" conclus avec Damas. Un "Traité de fraternité et de coopération" signé le 22 mai 1991 par les anciens présidents Hafez al-Assad et Elias Hraoui, stipulant "le plus haut degré de coordination" dans les domaines politique, économique et de sécurité, avait officialisé l'hégémonie syrienne.

Tout récemment, le président Assad avait déclaré au quotidien libanais L'Orient-le-Jour du 10 juillet que la coalition au pouvoir au Liban était "classée comme hostile à la Syrie" et que coopérer avec elle était "puni par la loi". M. Assad justifait ainsi l'emprisonnement en mai 2006 d'opposants syriens
signataires d'un texte appelant à une réforme radicale des relations libano-syriennes et au respect de la souveraineté du Liban. Le sommet des présidents syrien et libanais intervient dans un contexte de
réintégration de la Syrie dans la communauté internationale symbolisé par la présence du président Assad le mois dernier à Paris. Damas a également entamé des négociations indirectes avec Israel par l'intermédiatire de la Turquie.
 
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