Cette commission, composée de ministres de la majorité antisyrienne et de l'opposition soutenue par Damas et Téhéran, s'est réunie jusqu'à présent onze fois sans tomber d'accord sur la manière d'aborder la question de l'arsenal du Hezbollah dans la déclaration ministérielle, qui précède le vote de confiance au Parlement.
L'opposition insiste pour que la déclaration stipule clairement "le droit de résistance", autrement dit le droit du Hezbollah de combattre Israël, alors que la majorité veut que ce droit soit le monopole de l'Etat.
La majorité, soutenue par les pays occidentaux et la plupart des pays arabes appelle également à débattre de cette question dans le cadre d'un dialogue national.
Lundi, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad, a affirmé que "le droit à d'autodéfense était sacré et n'avait pas besoin de déclaration ministérielle".
"Ce qui retarde l'élaboration de la déclaration ministérielle, c'est le même motif qui a retardé l'élection du président de la République et la formation du gouvernement, soit la tentative du Hezbollah de faire cohabiter ses armes avec la légitimité de l'Etat", a affirmé à l'AFP Elias Atallah, député antisyrien.
L'élection de Michel Sleimane à la tête de l'Etat et la formation d'un gouvernement au Liban n'ont été possible qu'après l'accord interlibanais de Doha, qui a débloqué une crise vieille de 18 mois entre les deux camps ayant dégénéré en combats en mai dernier et fait 65 mort.
Le vide à la tête de l'Etat a duré 6 mois alors que la formation du gouvernement a tardé un mois et demi.
Les critiques concernant les armes du Hezbollah ont commencé à se faire entendre notamment après la guerre de 2006 entre le mouvement chiite et l'Etat hébreu, et surtout après les affrontements internes de mai.
"La situation est devenue plus dangereuse car les armes ont été utilisées dans des affrontements entre Libanais", a assuré M. Atallah, en référence au coup de force du Hezbollah dans le secteur ouest de Beyrouth pendant les combats de mai.
"Nous n'avons pas fait de concessions dans le passé concernant la résistance et nous ne le ferons pas dans l'avenir, sous aucun prétexte", a avertit Hachem Safieddine, président du Conseil exécutif du Hezbollah.
La majorité a accusé le Hezbollah de provoquer une escalade verbale en vue de faire pression au sujet de son arsenal.
"A chaque étape décisive que traverse le Liban, le Hezbollah relance ses attaques médiatiques, politiques et militaires", a affirmé un député antisyrien, Antoine Andraos.
La nouvelle équipe gouvernementale, qui dispose de 30 jours en vertu de la constitution pour publier la déclaration ministérielle, a encore deux semaines pour le faire.
Les dissensions persistantes entre la majorité et l'opposition sont interprétées comme un prolongement du bras de fer entre les Etats-Unis d'une part, et la Syrie et l'Iran d'autre part.