C’est un parfum beyrouthin qui flotte au bord du lac Léman, à l’heure où Patrice Mugny, Vice-maire en charge de la Culture de la Ville de Genève, ouvre les portes du Musée d’histoire de la science et les pelouses qui le borde à la population pour un week-end de dialogue, de découverte et de rêverie. Née en 2000, cette manifestation biennale propose aux dizaines de milliers de curieux qui la visitent de faire leur marché du savoir, autour d’une soixantaine de stands, en picorant à loisir un peu de physique, de chimie, de géologie, d’histoire, de biologie, d’ethnologie, de neuropsychologie, de médecine ou encore de bioinformatique. Cette année, c’est le thème du temps qui passe qui a été retenu : « Nul ne lui échappe… Omniprésent dans l’univers et dans nos vies, qu’il nous file entre les doigts ou qu’on en gagne, il reste toujours insaisissable et mystérieux. Impossible de faire un arrêt sur le temps ni de remonter sa course ! »
« Le modèle nous a enchantés et nous avons décidé de l’adapter, commente le ministre de la Culture libanais Tarek Mitri. Pédagogiquement, c’est excellent et c’est une expérience remarquable. » Le ministre évoque également la nécessité de profiter de cet espace de rencontre pour lancer des passerelles entre Libanais. « Il ne s’agit pas d’avoir une manifestation élitiste mais accessible et conviviale. À cet égard, l’hippodrome de Beyrouth représente un écrin unique. Ouvert à tous. Gratuitement. »
Pour Patrice Mugny, « l’intérêt de cette coopération réside dans le fait que des gens passionnés travaillent ensemble, en se respectant, pour construire quelque chose de concret. C’est ce que la Suisse peut faire de mieux, surtout avec un pays comme le Liban qui s’est aujourd’hui donné de nouveaux espoirs ». Au-delà de l’expertise qu’elle a offerte, la Ville de Genève s’est investie financièrement dans des Journées de la Science souhaitées par le Genevois Malek El Khoury, initiateur du projet, qui a œuvré comme trait d’union entre les deux parties.
Le développement durable à la loupe
La participation de la municipalité genevoise s’exprimera également par la tenue d’un stand dans la boucle de l’hippodrome, à côté de quarante autres qui traiteront de thématiques aussi variées que la santé publique, la biodiversité, l’environnement, l’énergie, l’eau, le patrimoine et la technologie. Sept sujets brûlants et un fort accent mis sur l’indispensable développement durable que réclame le Liban en ce début de 21e siècle.
Pour mener cette réflexion fondamentale, « nous avons sollicité les universités, les écoles, les centres de recherche et diverses associations », expliquent Bernadette Abi Saleh, Vice-présidente du comité d’organisation, et Najwa Bassil, en charge des aspects logistiques des Journées de la Science. « Notre venue à Genève nous a permis de nous rendre compte sur le terrain de ce que cela représente. Il nous sera ainsi plus facile de conseiller les experts libanais. »
L’intérêt de ces Journées réside à n’en pas douter dans son approche mêlant pédagogie et convivialité. En choisissant une palette de thèmes très actuels, le comité d’organisation, mandaté par le ministère de la Culture et piloté par Tarek Mitri, s’est lancé des défis d’envergure : offrir à la population une manifestation originale, créatrice de dialogue et d’une réflexion à long terme. Pour que les fruits portent, il sera encore nécessaire que chacun, à l’instar des Genevois cette année, prenne le temps d’y réfléchir.
Pour toute information complémentaire :
À Genève :
www.ville-ge.ch/culture/nuit/
À Beyrouth :
www.ayamalouloum (en construction)