Icône de la résistance palestinienne, martyre et super-héroïne pour les Arabes, terroriste pour les Israéliens, Dalal al-Moghrabi avait conduit en 1978 un commando spectaculaire en territoire israélien qui avait fait 36 morts.
Sa famille avait fui Jaffa en 1948 après la Nakba ("la catastrophe" en arabe), la débâcle des armées arabes face aux forces israéliennes.
"En tant que Palestinienne, Dalal voulait être enterrée en Palestine.
C'était son souhait le plus cher et il a été réalisé pendant un certain temps", déclare à l'AFP son plus jeune frère, Chadi, 31 ans.
Deuxième d'une famille de sept enfants, elle est née en 1958 dans le camp de réfugiés palestiniens de Bourj al-Barajneh, à Beyrouth.
Membre du Fatah, la principale composante de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), elle dirige un commando de dix membres pour exécuter l'opération Kamal Adwane, du nom du dirigeant palestinien assassiné à Beyrouth par une unité israélienne conduite par Ehud Barak, ancien Premier ministre et actuel ministre de la Défense.
Le 11 mars 1978, le commando s'introduit en Israël par la mer, prend en otage un bus de l'armée et le dirige sur la route Haïfa/Tel-Aviv empruntée par des véhicules militaires.
Le commando tire sur les voitures blessant une centaine de soldats.
Ehud Barak est chargé de mettre fin à l'opération. Dalal et ses hommes font alors exploser le bus, tuant 36 personnes.
Elle et ses camarades font face aux forces israéliennes jusqu'à l'épuisement de leurs munitions. Dalal et huit de ses compagnons sont tués et deux autres faits prisonniers, le sort de l'un d'eux reste inconnu.
Des photos d'Ehud Barak en train de secouer brutalement le corps sans vie de la combattante font alors le tour du monde.
Le corps de Dalal al-Moghrabi figure parmi 160 dépouilles de membres du Fatah, sur 199 en tout, qu'Israël doit restituer mercredi, a déclaré le responsable du Fatah au Liban, Sultan Aboul Eneine.
En plus des dépouilles, Israël doit remettre au Hezbollah cinq détenus libanais, le tout en échange de deux soldats israéliens présumés morts.
Le corps de Dalal a été exhumé lundi du cimetière d'Amiad, dans le nord d'Israël, appelé le cimetière des combattants ennemis.
Même si ce retour va à l'encontre de son voeu, la famille de Dalal est heureuse de pouvoir la retrouver.
"Nous sommes heureux à l'idée de pouvoir enfin toucher son cercueil", dit Rachid, âgé d'un an à la mort de sa soeur.
Il accompagnera sa mère, âgée de 70 ans, à Naqoura (sud du Liban) pour assister mercredi à la cérémonie d'accueil des dépouilles et des prisonniers. Le père est mort peu après le décès de sa fille.
"Dalal sera enterrée dans le cimetière des Martyrs à Beyrouth jusqu'à ce qu'un jour elle retourne en Palestine lorsque notre patrie sera libérée", affirme-t-il.