Malgré un accord sur un cessez-le-feu qui aurait dû entrer en vigueur après 20H00 locales (17H00 GMT), des heurts sporadiques se poursuivaient en soirée entre les quartiers populaires de Bab al-Tebbaneh et de Jabal Mohsen, dans le nord-est de la ville.
Deux frères ont été tués près de Bab al-Tebanneh par des francs-tireurs, ce qui porte à quatre le nombre de personnes tuées depuis le début des affrontements qui ont éclaté mardi soir.
Ces deux quartiers ont déjà été le théâtre, il y a deux semaines, d'affrontements à caractère politique, qui avaient fait neuf morts et 45 blessés.
Bab al-Tebbaneh, à majorité sunnite, est un fief de la majorité antisyrienne alors que les habitants de Jabal Mohsen font partie de la communauté alaouite, une branche du chiisme, et sont des partisans du mouvement chiite Hezbollah, chef de file de l'opposition libanaise.
L'armée pénètrera dans la soirée dans les quartiers concernés "en vue de préserver la sécurité et d'empêcher toute présence armée", ont averti les autorités dans communiqué publié après deux réunions regroupant séparément les deux parties, à la résidence du Mufti du nord, Malek al-Chaar.
Le chef de la majorité, le sunnite Saad Hariri, avait également contacté le chef de l'armée par intérim Chawki al-Masri et un accord a été trouvé pour que l'armée pénètre dans les zones d'affrontements et "tire sur toute personne portant atteinte à la sécurité", selon l'Agence nationale d'information.
Les deux parties accusent chacune de son côté une tierce partie d'être derrière les affrontements, sans la nommer.
Les deux autres morts sont un aide-soignant palestinien touché par un tireur embusqué alors qu'il se rendait au travail et un habitant de Jabal Mohsen, selon un responsable des services de sécurité.
Au moins 58 personnes ont été blessées dans les deux camps qui s'opposent depuis mardi soir, a-t-il ajouté. Un soldat avait aussi été blessé mardi.
Des habitants de Bab al-Tebbaneh ont fui leurs foyers et les écoles et commerces ont fermé tandis que des axes étaient bloqués par la présence de tireurs embusqués, y compris l'autoroute reliant Tripoli à la région du Akkar (nord-est) et à la frontière syrienne.
Le bilan des combats d'il y a deux semaines était le plus élevé depuis les violences entre factions politiques survenues en mai dans plusieurs régions du Liban et qui avaient fait 65 morts, faisant craindre que le pays bascule de nouveau dans une guerre civile.
Les nouveaux heurts ont éclaté alors que le gouvernement d'union nationale, prévu par l'accord de paix de Doha signé en mai par les parties libanaises, n'est toujours pas formé en raison de divisions sur l'attribution des portefeuilles.
Le Premier ministre Fouad Siniora poursuit des consultations dans le cadre de cet accord qui donne à l'opposition, proche de Damas et Téhéran, une minorité de blocage.
Le cabinet doit compter 30 ministres: 16 pour la majorité, onze pour l'opposition et trois nommés par le chef de l'Etat, qui doit désigner des personnes jugées neutres.
L'élection du général Michel Sleimane à la présidence, le 25 mai, avait mis fin à six mois de vacance du pouvoir à la tête de l'Etat et à dix-huit mois de crise politique.