De Jérusalem où il célébrait le 60e anniversaire de la création d'Israël, le président américain George W. Bush a apporté mercredi un soutien "ferme" au gouvernement de M. Siniora et accusé le Hezbollah de s'être retourné contre le peuple libanais. Mais en l'absence de moyen de pression sur la Syrie ou l'Iran, les Etats-Unis apparaissent impuissants face à l'offensive du Hezbollah chiite.
Les Etats-Unis ont fait pression mercredi pour saisir le Conseil de sécurité de l'ONU de la situation au Liban, mais selon des sources diplomatiques à New York, le Conseil devrait attendre le résultat de la médiation de la Ligue arabe avant de décider quoi que ce soit.
Lors d'une discussion informelle dans la matinée sur le Liban, il a été décidé "en gros" que le Conseil allait "suivre les événements sur le terrain, notamment la mission de la Ligue arabe, et en reparlerait bientôt", a déclaré à la presse un diplomate occidental. "Mais nous n'avons pas fixé de date pour cela", a ajouté ce diplomate, qui parlait sous couvert de l'anonymat.
A Washington, un porte-parole du département d'Etat américain, Tom Casey, avait fait état de consultations au Conseil de sécurité sur les violences au Liban, indiquant que ces discussions allaient "probablement se poursuivre dans les jours qui viennent". "A ce stade, on ne sait pas encore très bien quel genre d'action pourrait ressortir de ces discussions mais nous pensons qu'il est important que le Conseil s'exprime avec force sur cette question", avait reconnu M. Casey.
La Ligue arabe tente une médiation pour débloquer le bras de fer qui oppose la majorité et l'opposition libanaises, une semaine après une éruption de violence qui a fait redouter un nouvel embrasement du pays. Aucune avancée n'a été annoncée et la Ligue arabe n'a, semble-t-il, pas fixé de limite de temps à sa mission, qui a débuté mercredi.
Le porte-parole américain a par ailleurs annoncé que les Etats-Unis avaient décidé "d'accélérer" leurs livraisons régulières d'équipement militaire destiné à l'armée libanaise.Mais M. Casey a souligné que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention de livrer davantage d'équipement que ce qui était prévu "pour remplir leur mission et défendre le peuple libanais". Mais lors des combats de la semaine dernière la passivité de l'armée, composée de Chrétiens et musulmans druzes, chiites et sunnites, a suscité des interrogations.
M. Casey a d'ailleurs pris soin de ne pas mentionner nommément le Hezbollah, que les Etats-Unis considèrent comme un mouvement terroriste, lorsqu'il a annoncé l'accélération de l'aide militaire américaine.
C'est pour renforcer le contrôle du gouvernement pro-occidental face au Hezbollah pro-syrien que les Etats-Unis ont commencé à envoyer du matériel militaire à l'armée libanaise en 2006, après la guerre entre Israël et le Hezbollah.
Le porte-parole n'a pas précisé le genre d'équipement qui sera envoyé à l'armée libanaise mais un responsable du département d'Etat s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a expliqué qu'il s'agissait d'équipements de protection comme des casques et des gilets pare-balles, de munitions ou encore de matériel de communication. "Ce que cela signifie, c'est qu'une livraison qui était par exemple prévue dans les six prochaines semaines sera expédiée dans une semaine ou deux", a précisé ce responsable.