WASHINGTON - Les Etats-Unis se sont inquiétés lundi des mouvements de troupes syriennes observés récemment près de la frontière libanaise, prévenant que l'attentat qui a récemment frappé Damas ne saurait "servir de prétexte" à une ingérence dans les affaires libanaises.
"Nous sommes préoccupés par ce genre d'activité le long de la frontière", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, au cours d'un point de presse.
"Nous craignons qu'il ne conduise à davantage d'ingérence de la Syrie dans les affaires intérieures libanaises", a-t-il ajouté.
"Les récents attentats terroristes qui se sont produits à Tripoli et Damas ne devraient pas servir de prétexte à davantage d'engagement militaire, ne devraient pas être utilisés pour s'ingérer dans les affaires intérieures libanaises", a poursuivi M. Wood.
Selon l'armée libanaise, quelque 10.000 soldats des forces spéciales syriennes ont été déployés dans la région d'Abboudiya, sur la frontière avec la Syrie, au nord du Liban.
En outre, dans une interview à l'agence officielle syrienne Sana accordée le 28 septembre, à la veille d'un attentat ayant tué cinq personnes à Tripoli (nord du Liban) et au lendemain de celui qui a fait 17 morts à Damas, le président syrien Bachar al-Assad a estimé que le nord du Liban était "devenu une véritable base pour l'extrémisme" et que cela posait "une menace pour la Syrie".
Ces propos ont été perçus par la majorité antisyrienne comme une "ingérence" dans les affaires libanaises et un "prétexte" pour un retour des forces syriennes au Liban.
La Syrie, ancienne puissance de tutelle, a été contrainte sous la pression populaire libanaise, de quitter en 2005 le Liban où ses forces étaient présentes depuis près de 30 ans.