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Hezbollah: l'annulation des décisions du gouvernement ouvre la voie au dialogue
Le 15 mai 2008
 


BEYROUTH - Un responsable du Hezbollah, fer de lance de l'opposition au Liban, a estimé jeudi que la majorité et l'opposition se trouvaient désormais en mesure de discuter en vue de résoudre la crise, après l'annulation par le gouvernement de décisions contre le mouvement chiite.

"Le fait que le gouvernement soit revenu sur les deux décisions pave la voie, sans nul doute, à un retour à la situation" antérieure aux violences, a déclaré à la presse le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, à l'issue d'une rencontre avec une délégation ministérielle arabe qui mène une médiation au Liban depuis mercredi.

Cheikh Kassem a estimé que les protagonistes libanais étaient "revenus à la case départ, qui est (de rechercher) une issue politique" à la crise dans laquelle le Liban est plongé depuis un an et demi.

Engagé dans un bras de fer avec le Hezbollah, qui revendique pour l'opposition une influence accrue au sein du pouvoir, le gouvernement souhaitait enquêter sur un réseau de télécommunications parallèle mis en place par le parti chiite, et avait décidé de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche du Hezbollah.

Ces deux mesures, accueillies par le Hezbollah comme une "déclaration de guerre", avaient déclenché le 8 mai une flambée de violences qui a fait 65 morts et environ 200 blessés à travers le pays.

Le gouvernement a annoncé mercredi soir l'annulation des deux décisions.

La Ligue arabe s'apprêtait jeudi à annoncer un accord conclu avec les différentes parties libanaises.
Cheikh Kassem a indiqué que les discussions avec la majorité porteraient sur "deux points: un gouvernement d'union nationale et la loi électorale".

Il a par ailleurs ajouté que le choix du "général Michel Sleimane (le chef de l'armée, ndlr) comme président consensuel était déjà tranché".

Le Liban se trouve sans président depuis novembre 2007, l'élection par le Parlement du chef de l'Etat ayant été reportée à 19 reprises. Les députés doivent se réunir à nouveau le 10 juin.

Le responsable du Hezbollah a refusé que le dialogue porte sur d'autres questions. Pour reprendre le dialogue, la majorité avait exigé de discuter du désarmement du Hezbollah et que le mouvement s'engage clairement à ne pas recourir aux armes contre les Libanais.
 
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