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Tawlet Ammik: le développement local a du goût

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 11 août 2015 à 10h03
Par Elodie Morel
 Tawlet Ammik Souk el Tayyeb

Chaque week-end à la belle saison, les Beyrouthins peuvent venir manger sain et respirer l’air pur dans la Bekaa au restaurant Tawlet d’Ammik.

On passe Kab Elias et on roule vers Ammik. On arrive sur une route particulièrement belle qui serpente entre deux rangées d’arbres bien taillés. On quitte la route principale pour prendre une petite route à droite. Nous sommes à environ 1000 mètres d’altitude. Les petits villages alentours, parmi lesquels Ammik, sont loin de dominer la nature, qui demeure assez sauvage à cet endroit.

C’est dans ce cadre qu’on trouve le restaurant Tawlet, installé dans un bâtiment écologique. Familles, couples et groupes d’amis viennent se ressourcer dans une ambiance de cantine bobo en plein air. Certains clients s’installent sur des chaises longues pour profiter du vent frais sous le soleil brûlant de l’été. D’autres s’asseyent sur le muret qui borde la terrasse: ils prennent des selfies avec, en arrière plan, l’Anti-Liban.

C’est la 5e saison de ce restaurant qui, ouvert principalement l’été, vient de compléter son activité par l’ouverture de trois chambres, pour un Bed and Breakfast écolo.

Nous sommes ici au coeur d’une biosphère, entre la réserve du Chouf et celle de Ammik.  Les oiseaux y sont protégés, la chasse interdite.

Le bâtiment qui abrite le restaurant et les chambres est lui-même est écologique: il été bâti par la Suisse vers la fin des années 2000, dans le cadre d’un partenariat avec les deux réserves du Chouf et de Ammik. L’idée était d’utiliser ce bâtiment dans le cadre d’un projet de développement local et touristique… Mais lequel? La question est restée en suspens jusqu’à la fin des travaux. Une fois la construction achevée, la Suisse est allée trouvé les instigateurs de  Tawlet: Kamal  Mouzawak, l’un des précurseurs du développement local au Liban. Avec ses projets bios tournés vers les petits producteurs libanais, était indéniablement le plus crédible pour lancer une activité qui tienne la route.

Alors depuis cinq ans, chaque week-end, une équipe de cuisinières est là pour assurer le déjeuner. Elles sont une douzaine au total, ces femmes de 4 ou 5 villages alentours qui viennent ici apporter la touche finale à de succulents plats traditionnels libanais qu’elles ont commencés à préparer chez elles. . Feuilles de vigne, kebbeh labaniyé ou koussa mehché… Chacune a sa spécialité. Une fois le buffet installé, elles veilleront sur les plats et conseilleront les convives.

Raghida, Jonni, Rima ou encore Rita, la plupart de ces femmes ont une quarantaine d’années, sont mariées et mères de famille.  Raghida supervise le travail du groupe. Cela fait 4 ans qu’elle officie ici le week-end, nous explique-t-elle, la mine réjouie, entre deux renseignements à des clients curieux d’en savoir plus sur une recette. 

Chaque week-end, c’est un menu différent qui est proposé, fondé sur les recettes locales. “Toutes ces femmes savent dès le départ très bien cuisiner,” nous explique Bechara, le gérant. “La plupart ont appris tout naturellement en famille, de mère en fille.”

Mais savoir cuisiner c’est une chose. Savoir le faire pour 200 personnes (en moyenne, le nombre de convives pour le déjeuner), c’en est une autre. “Elles sont formées par une ingénieure agricole qui s’occupe aussi de les sélectionner. Elle leur apprend si besoin à mieux choisir les produits et à appliquer les normes d’hygiène quand elles cuisinent”.

Les cuisinières, leurs recettes mais aussi les produits utilisés, proviennent uniquement d’Ammik et de la région.  La Bekaa, c’est le grenier du liban comme on dit. Ici, de grands propriétaires terriens louent leurs terres à de petits agriculteurs. Chacun de ces petits exploitants a sa spécialité, ça va de l’artichaut à la pomme de terre en passant par les courgettes.

Tawlet emploie également des jeunes des villages environnants, qui peuvent venir travailler dès 18 ans. Chaque nouvel arrivant est formé par un “ancien” de l’équipe.  Au total, une douzaine de femmes, une vingtaine de garçons et 6 ou 7 employés chargés du nettoyage et du rangement travaillent dans l’établissement.

“Ne nous méprenons pas, nous n’empêcherons pas les locaux de quitter leur village s' ”ils souhaitent partir. Si certains peuvent rester ici et contribuer à développer la région, tant mieux. Et en tout cas, en sortant d’ici, tous auront acquis un savoir-faire. S’ils doivent partir, au moins ils partiront avec un bagage,” résume Bechara.

Déjeuner au restaurant:
Samedi dimanche et jours fériés
40$ par personne tout compris
20 $ pour les moins de 15 ans
Service de man’ouche et boissons à partir de 11h.
Réserver à l’avance.

B&B:
Vendredi et samedi soir.
Petit déjeuner servi à 8h30 inclus
Diner à la demande: 20$ par personne
Chambre : 80 $ par personne ou 120 $ par couple

Tags
#SoukElTayeb, #Tawlet_Ammik
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