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Balade sur les pavés de Zokak el Blat

iloubnan.info - Le 17 aoűt 2009 à 12h22
 Zokak el Blat
Photo: http://beirutnahda.wordpress.com
En octobre prochain, Zokak el-Blat ouvre ses portes : le grand public est invité à découvrir les merveilles oubliées de cet ancien quartier aristocratique de Beyrouth. Une mise à l’honneur du patrimoine architectural et culturel d’un lieu de la capitale autrefois très prisé et aujourd’hui délaissé.
Zokak el-Blat signifie « ruelle pavée » en arabe. C’est aussi le nom d’un quartier de Beyrouth. Il a été baptisé ainsi car sa principale artère, la rue Amin Beyhum, a été la première route pavée en dehors de la vielle ville, afin d’y relier la demeure d’un riche notable.

Autrefois le nom de Zokak el-Blat était synonyme de luxe et de grandeur. Aujourd’hui le quartier apparaît sans vie, les ambassadeurs et riches marchands ont laissé la place aux squatteurs, les cafés disparaissent d’une année sur l’autre, signe de sa désaffection et de sa perte de sociabilité. Pourtant son histoire ne lui prédisait pas une telle désaffection. Ce quartier s’est développé avec la Renaissance arabe, la Nahda, et a été le lieu d’une forte production intellectuelle.

De nombreux poètes, écrivains et journalistes ont joué un rôle pionner dans son développement culturel et éducationnel au cours du 19ème siècle : Nassif al-Yazigi et son fils Ibrahim, Boutros Boustany, Hussein Beyhum, Cheikh Ahmad Abbas al-Azhari, Abd el-Kadder al-Kabbani…Plus important encore, ce quartier a produit bon nombre d’intellectuels et pères de l’indépendance tel Sami el Solh, premier premier minsitre libanais. On dit que c’est ici que le drapeau libanais a été imaginé et Rachid Nakhlé, l'auteur des paroles de l'hymne national est originaire du quartier. Il ne s’agit donc pas seulement d’un patrimoine architectural exceptionnel, mais également de l’histoire du pays et de son patrimoine culturel.

Zokak el BlatMixité sensible

Comme souvent dans l’histoire de Beyrouth, c’est la guerre qui a commencé à dépeupler le quartier. Les divisions communautaires et sociales qui ont existé durant les conflits ont fragmenté les différents espaces de ce quartier, que sa mixité rend sensible aux tensions communautaires (Zokak el Blat a d’ailleurs été touché par les affrontements de mai 2008). Peu a peu, ce lieu de rencontres, où se concentrent anciennes écoles missionnaires, palais et riches demeures, lieux de culte de toutes les confessions et anciennes représentations diplomatiques, a cessé d’intéresser. Il a finalement été laissé à l’abandon, à la fois par les autorités publiques et la société civile.
Pour rehabiliter le site, l’observatoire MAJAL (un observatoire académique pour la construction et la reconstruction établi au sein de l’ALBA – Université de Balamand) organise l’ouverture du quartier au public avec à sa disposition des prospectus explicatifs et des panneaux devant les bâtiments concernés.

Parcours au fil de l’histoire

En octobre, les visiteurs pourront effectuer un parcours retraçant l’histoire du quartier à travers des faits passés et présents, des anecdotes familiales, l’évolution de la morphologie urbaine, et une initiation à l’architecture traditionnelle libanaise. L’objectif est d’attirer des visiteurs dans ce quartier déserté, et de faire participer ses résidents à cette initiative pour les sensibiliser à leur patrimoine architectural, particulièrement riche. Si certains bâtiments sont classés, cela n’empêche pas leur destruction lorsque suffisamment d’argent est investi. En une dizaine d'années, une quinzaine de maisons classées ont été détruites. Mais certains lieux résistent: parmi eux, la première imprimerie du Liban, qui date du 19ème siècle, où a été mise au point une technique pour faciliter l’impression de l’arabe ; ou encore la maison des Farjallah, où se réunissait la haute classe libanaise pour un « salon politique » et qui abrite aujourd’hui l’Orient-Institut ; le palais du poète Béchara el-Khoury  appelé Akhtal al-Saghir est à l’abandon et ne semble susciter aucun intérêt de la part des descendants du poète. C’est un menuisier qui en occupe le premier étage, il y est installé depuis la guerre civile. 

Patrimoine préservé

Si Zokak el Blat a été le lieu de fortes tensions communautaires, il n’a pas été profondément endommagée par la guerre. Le quartier n’a ainsi pas nécessité un gros processus de reconstruction. Cela a permis la conservation de bâtisses anciennes, datant du mandat français et de la période ottomane. En fait, le quartier est le miroir du Beyrouth qui existait avant la guerre de 1975. Sa valeur historique, culturelle et architecturale est donc indéniable. Cependant un important marché spéculatif menace ce patrimoine architectural. Le projet vise donc à la préservation du quartier, à sa rénovation pour renforcer la conscience de l’héritage et promouvoir la préservation des bâtiments historiques. Certains batiments à la valeur architecturale ou symbolique particuliere, et dont le délabrement nécessite une intervention, feront l’objet d’une expropriation pour en faire des sites culturels clés du quartier.
L’idée est également de rattacher cette initiative de découverte du quartier au statut de Beyrouth Capitale mondiale du livre 2009 : des manifestations y sont organisés conjointement par la municipalité de Beyrouth et le ministère de la Culture d’avril 2009 à avril 2010, ce qui correspond bien au site, ancien centre culturel, lieu de nombreuses écoles, quartier où ont vécu et se sont rencontrés de nombreux écrivains.
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#Balades, #Site_touristique
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