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Gemmayzeh de jour…

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 01 juin 2013 à 08h36
Photo: Maude Girard
Haut lieu des nuits beyrouthines, Gemmayzeh est aussi un quartier qui se visite de jour et il serait dommage de ne pas s’y attarder.
On se rend à Gemmayzeh le soir venu, pour profiter de ses bars et faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Sa colonne vertébrale, c’est la rue Gouraud. Celle qui accueille les noctambules et s’endort titubante, se réveille pourtant fraîche et prête à révéler ses lieux secrets aux promeneurs diurnes.

Une vue à couper le souffle

Faites- vous déposer à l’entrée de la rue, au niveau de chez Paul. Remontez tranquillement, jusqu’au premier angle et retournez-vous. Ce que vous voyez n’est-il pas digne des plus jolies cartes postales de Beyrouth ? Tout est là : les vieux balcons, les câbles électriques qui se balancent d’un immeuble à l’autre et la mosquée Mohammed El Amine, en fond. Le soleil sublime le bleu de sa coupole et la brume permanente de Beyrouth la fige dans le temps. Un moment de poésie à apprécier et à immortaliser.

Galerie Pop Art
Continuez jusqu’au bâtiment aux volets roses et au balcon fleuri. Juste en dessous se trouve une galerie d’art, n’hésitez pas à pousser la porte et vous ferez peut être la connaissance de Zeina, jeune peintre de 17 ans en train d’exécuter un portrait d’Audrey Hepburn. Ils sont sept artistes à se relayer dans cet atelier-galerie qui regroupe différents styles picturaux, à majorité Pop art. Et lorsqu’on demande à Zeina si d’autres de ses œuvres sont visibles, elle répond tout sourire et pas peu fière: «Tout a été vendu ! ».

Les lustres de l’église Saint-Joseph
Juste en face se trouve le collège du Sacré Cœur fondé en 1894 par les frères des écoles chrétiennes, il fut l’une des premières écoles du quartier. Le gros bâtiment gris et imposant sur la gauche, c’est la chapelle. Préférez-lui la petite église Saint-Joseph, située juste sur le trottoir d’en face, vous risquez de passer devant sans la voir, mais pourtant elle mérite qu’on s’y attarde. Sa façade extérieure est superbe. N’hésitez pas à prendre de la hauteur en montant sur les marches du Goethe institut pour apprécier au mieux la beauté de son architecture typiquement beyrouthine. Elle appartient au couvent des Franciscains et date de la fin du 19 ème siècle. Selon les heures, des messes y sont données en français, en arabe et en italien. L’intérieur vaut aussi le détour : des lustres à pampilles lui donnent un charme particulier et ses arcades en pierres non taillées lui confèrent toute son originalité.



Rencontre avec un sage

Sur le même trottoir, un peu plus haut vous ne pourrez pas rater les antiquités de Michel Sfeir, installé là depuis 1965. Sa boutique est une vraie caverne d’Ali baba, faite de souvenirs et d’objets, témoins d’un autre temps. Même s’il a du travail en retard, Il vous invitera sûrement à vous asseoir quelques instants, sur une des nombreuses chaises qui peuplent son pas de porte. Michel vous parlera alors de ses rencontres, de l’histoire de sa boutique, de ses enfants, de son amour infini pour son épouse « Elle est mon monde et je suis le sien »... Il vous racontera son expérience de la vie, mais vous écoutera aussi et vous conseillera, si nécessaire. Vous repartirez heureux d’avoir fait une belle rencontre.

Un petit creux
Juste à côté, si vous avez soif de vous être trop confié à Michel l’Antiquaire, vous pourrez toujours vous désaltérer avec un bon jus de fruit frais, chez Makhlouf, pour quelques livres seulement. Si vous vous baladez en matinée n’hésitez pas à faire un arrêt pour déguster un succulent zaâtar (1500 LL) dans une petite boutique, sans enseigne, mais située juste en face du poste de Police. Si par contre, c’est l’heure du déjeuner ou du diner, sur votre gauche vous trouverez le restaurant Le Basillio qui vient d’ouvrir ses portes. Le chef, Roberto Bulian, préparera des pâtes fraîches sous vos yeux, à moins que vous ne préfériez sa pizza multi céréales cuite au feu de bois (comptez environ 20 dol). Vous pourrez toujours terminer par un café à 2000LL au fameux Torino Café, une des adresses phares de Gemmayzeh, de jour comme de nuit.

La Croix rouge libanaise
Continuez tout droit, vous passerez devant le centre de la Croix Rouge Libanaise, créée en 1945. L’occasion, peut être, de vous renseigner sur le don du sang (tel : 01/448175) ou pourquoi pas sur le bénévolat (tel : 01/ 372802).

L’escalier Saint-Nicolas
Le ventre plein et la conscience tranquille, vous pourrez alors grimper vers les hauteurs de Sursock en empruntant le célèbre escalier Saint Nicolas et ses... 202 marches. Arrivé au « sommet », sur votre droite vous trouverez le éCafé et sa terrasse ombragée. Un endroit agréable loin de la circulation. Les tarifs sont un peu élevés, mais le thé glacé à 5000 LL reste abordable et idéal pour étancher sa soif. Redescendez ensuite vers la rue Gouraud qui n’a pas fini de vous livrer ses secrets…

Escalier Saint Nicolas Gemmayze

Un havre de paix
Dépassez l’ancien palais d’Anastasia Dagher, épouse de Moussa Sursock, rénové par son arrière petit fils Alphonse Sursock Cochrane. Tournez de suite à droite dans la montée, les marches vous conduiront alors vers un autre monde, où les demeures d’antant ont gardé leur beauté d’origine, où le bruit incessant des klaxons n’a pas lieu, où la végétation reprend ses droits et où l’on peut sentir l’odeur des fleurs, chose tellement rare à Beyrouth qu’elle ne peut être appréciée qu’à sa juste valeur! Respirez, profitez et donnez-vous le temps d’apprécier l’instant avant de retrouver le vacarme de la ville.
Tags
#Gemmayzeh, #Balades
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