La situation générale de l’Environnement au Liban est loin d’être satisfaisante, et ce sur tous les plans, comme le montre le panorama qui suit :
- Pollution de l’eau souterraine, due à l’usage excessive des engrais chimiques et les pesticides qui dépassent 70 ml de nitrate par litre dans la plupart des eaux des puits de la plaine de la Békaa où sont cultivés la plupart des légumes et féculents : cela entraîne la consommation des aliments pollués par le nitrate, susceptible de causer des cancers. Plusieurs cas de cancer pouvant être liés à cette consommation ont été observés dans les hôpitaux de Békaa. De plus, la plupart des Libanais ne consomment pas l’eau potable distribuée par la Compagnie nationale de l’eau parce que les gens n’ont pas confiance en qualité de l’eau délivrée. Cela entraîne la propagation des petites industries de l’eau en bouteilles et les stations de purification de l’eau potable sans aucun contrôle ni aucune condition de sécurité.
- La pollution de l’air, causée par le mauvais contrôle sur la qualité des filtres des échappements des véhicules motorisés. On peut ajouter à tout ça le bombardement de la station électrique de Jiyyé et des réservoirs de kérosène de l’aéroport de Beyrouth par l’aviation militaire israélienne durant la guerre de juillet, sans parler des particules provenant des débris des bâtiments bombardés et des explosifs.
- Pollution de la mer, causée par les déchets sanitaires liquides jetés dans la mer sans traitement préalable. C’est une pratique très courante au Liban. Ce qui a aggravé la situation, c’est la fuite de plus de 15 000 tonnes de fuel dans la mer, suite au bombardement des réservoirs de carburants. La propagation de la marée noire sur toute la côte libanaise est catastrophique pour la vie sous-marine et pour le tourisme.
- Mauvaise gestion des déchets domestiques, industriels, médicaux et de ceux provenant des abattoirs. Pas de séparation à l’origine pour faciliter le recyclage et pour diminuer le dumping des déchets non recyclable. On souffre au Liban de l’absence de plan global pour le traitement des déchets domestiques solides et liquides.
- Absence de politique de préservation de la nature contre les agressions des industriels et d’autres, et impossibilité de conserver la bio-diversité des especes. Les réserves naturelles (forêts notamment) ne sont pas gardées sérieusement, cette tâche est parfois contrôlée par des associations pour la protection de l’environnement mais ces associations sont parfois totalement démunies : elles ne peuvent rien faire par exemple contre la chasse illégale dans les périodes de prévention.
- Nécessité d’établir un plan général pour l’aménagement territorial qui classe les territoires libanaises et aide à l’organisation urbaine. Ce plan a pour but primordial de préserver les ressources naturelles essentielles (air, eau, et terre) pour qu’elles soient propriété de l’Etat.
- Problèmes liés à l’énergie : la plupart de la production d’’énergie est fondée sur le fuel (le pétrole). La combustion du pétrole et le dégagement de CO2 entraîne une forte pollution de l’air. Personne ne réfléchit sérieusement à d’autres alternatives comme celles des énergies renouvelables.
- Mauvaise organisation du dossier des carrières. Ce dossier est un chaos total. Les carrières sont réparties sur tous le territoire libanais. Elles participent depuis plus que 15 ans à défigurer la nature du pays. Les investisseurs tentent toujours d’échapper au paiement des taxes dues, ce qui entraîne la perte des montants destinés à la recette nationale.
- Aucune stratégie pour le développement durable et surtout pour l’environnement. Par exemple, le ministère de l’Environnement n’a jusqu’à maintenant aucun règlement pour l’exécution des lois.
Il ne faut pas oublier que l’environnement est presque absent des programmes d’éducation civile au Liban. C’est extrèmement grave pour un pays civilisé. Peut être que cette absence explique tous les problèmes écologiques dont souffre le Liban, dans la mesure où ses habitants ne ressentent pas le besoin de défendre la nature et par conséquent leur propre vie.