| Pollution côtière par les hydrocarbures : Où en sommes-nous ? |
| Le 18 octobre 2007, Par Fifi Kallab |
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Socioloéconomiste environnementale, Fifi Kallab a fondé plusieurs ONG libanaises spécialisées dans l’environnement, dont Byblos Ecologia et Green Square qu’elle préside aujourd’hui. Auteur de nombreuses publications sur les questions environnementales (Lebanese Experience in Wastewater Treatment, solid wastes and landfills, climat change impacts in Lebanon, les incendies de forêts...), elle est également consultante en socio-économie environnementale pour les agences des Nations Unies ainsi que pour plusieurs municipalités et organisations libanaises. |
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Suite au bombardement par Israël en juillet 2006 des réservoirs d’hydrocarbures de la centrale électrique de Jiyeh, 30 km au Sud de Beyrouth, 25000 tonnes de fuel ont brûlé et 15000 se sont déversées dans la mer, polluant 150 km de côtes..
Les aides affluent de toute part.
33 jours après la catastrophe, on assiste à :
- L’absence du comité d’urgence, créé en 2000, et constitué de représentants de différents ministères concernés par la pollution marine, et dont certains membres ont suivi des entraînements à l’étranger. Ce comité a pour mission d’acquérir des matériaux spécialisés de lutte et de développer des actions de préventions.
- L’absence de plan d’action.
- Des avis contradictoires des experts, certains non spécialisés en pollution marine.
- Des contradictions dans les prérogatives du Ministre de l’environnement et de son directeur général.
- Un retard dans le démarrage des opérations de nettoyage malgré l’arrivée des équipements.
Avec le temps, l’impact de la pollution devenait plus lourd. Dans le but de créer une boule de neige, deux ONG (Byblos Ecologia et Greenline) ont commencé à nettoyer les côtes sablonneuses de Byblos et de Ramlet Al Bayda.
Plus tard, des compagnies spécialisées financées par plusieurs états ont été mandatées :
- EPE (grecque) pour nettoyer Jiyeh
- Les Espagnols pour les îles de Palmiers
- Seacore (financé par USAID, pour 5 M$) pour nettoyer de Byblos jusqu’à Anfeh
- Les Japonais pour le Sud de Beyrouth
- Les Suisses de Tripoli jusqu’à Abdé au nord
- L’ONG Bahr Loubnan (financée par la France) pour le fond marin
Les déchets ramassés, les outils et protections individuelles devaient être déposés dans des sacs et barils en plastique, puis dans des conteneurs métalliques et conservés soigneusement en attendant leur traitement final.
Alors que le fuel récupéré pouvait être brûlé dans des fours spécialisés, et ce qui a été peu pollué pouvait être utilisé dans l’asphaltage des routes et dans la construction.
Evaluation des actions menées :
- Un millier de tonnes de fuel et de déchets pollués ont été retirés de la mer. Une partie a été envoyée aux raffineries de Zahrani et IPC ainsi qu’à la décharge de Bsalim. Une partie reste stockée sur la côte. Pire encore, certains barils sont entassés cassés sur le sable de la plage publique de Byblos et le fuel en coule. En attendant d’être traités, ces déchets constituent toujours un danger pour l’écosystème.
- La totalité des plages rocailleuses reste polluée.
- Un grand point d’interrogation se pose sur l’efficacité de la donation de USAID : Le nettoyage effectué par Seacore de Jbeil à Anfeh s’est limité au port de Byblos et à la plage sablonneuse de Jbeil, laissant le reste pollué.
- Le 17-07-2007, on apprend par le journal Al-Safir que les sacs ramassés par la société EPE à Jiyeh étaient remplis de cailloux, de sable, et de pneus. Certains se demandent si cela est lié à l’intention d’exporter les déchets à « 13000$ » la tonne.
- Toujours pas de décision définitive concernant le traitement des déchets.
- Pas d’évaluation scientifique précise des impacts sur l’environnement, l’économie et la société.
- Les gens continuent à se baigner et à pêcher dans des régions polluées.
- Le PNUD estime que les dégâts sont énormes et catastrophiques, alors que la PNUE les classe comme minimes. Quand à La banque mondiale, elle estime le coût du nettoyage à 167 M$. Le Liban n’en a touché que 5%.
- Le Pr. Richard Steiner réclame à Israel 1 milliard $ pour le nettoyage et la réhabilitation de l’écosystème marin.
Les défaillances :
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Absentéisme forcé du comité d’urgence.
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Pas de plan d’action contre la pollution marine, bien que toutes nos infrastructures pétrolières se trouvent sur la côte.
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Manque de transparence : tous les rapports citent les donateurs sans aucun détail sur les sommes reçues, ni sur les contrats avec le secteur privé (sans cahiers de charge ni adjudications).
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Un silence complet sur la « liste secrète » des donations en espèces, matériels et experts, qui circulait entre les fonctionnaires du Ministère, et estimée à 15 M$ (Al-Safir, 27-03-2007).
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Le contrôle des travaux effectués laisse à désirer. On se demande si jamais un accord a été signé entre le Ministère et les donateurs à ce propos.
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Pas de plan de maintenance, ni d’entraînement pour le matériel non utilisé emmagasiné dans un hangar ouvert à la base navale de Beyrouth.
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Aucune sensibilisation pour le grand public qui reste assoiffé d’informations sûres et valides.
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