 |
| Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR |
En juillet 2006, lors de la guerre entre le Hezbollah libanais et Israël, des bombardements israéliens avaient percé les réservoirs de la centrale électrique de Jiyé, à 25 km au sud de Beyrouth, et 15.000 tonnes de pétrole s'étaient écoulées dans la mer. Emportées par le courant, elles avaient souillé 150 kilomètres de côte, soit près des trois quarts du littoral du Liban, qui s'étend sur 220 kilomètres le long de la Méditerranée. Cette marée noire est la plus grave jamais survenue en Méditerranée orientale.
En 2008, la mer a retrouvé sa couleur bleue et le sable son teint doré. Seule la réserve naturelle de Jozor al-Nakheel (l'île des palmiers), à l'ouest de Tripoli (nord), est encore en cours de nettoyage. Mais à Jiyé, 800 tonnes de déchets pétroliers déposées dans des sacs en toile plastifiés à quelques mètres de la mer attendent d'être enlevés. Des monticules de ces sacs, dont plusieurs sont éventrés, laissent couler un liquide visqueux noir qui se mélange au sable blanc. "Chacun de ces sacs contient deux tonnes. Ils sont extrêmement solides mais ne sont pas conçus pour rester deux ans sous la pluie, le soleil et le vent", déclare à l'AFP Mohamed Sarji de l'ONG Bahr Loubnan (Mer du Liban) qui a nettoyé les plages du sud. "Ces fuites polluent le sol qui absorbe le fioul écoulé et en imprègne la nappe phréatique. Ca détruit l'écosystème à long et à court terme", s'alarme M. Sarji. "C'est un crime, on nettoie la mer puis on détruit un autre aspect de l'environnement en négligeant ces déchets", affirme-t-il. "Les riverains menacent de déplacer ces déchets, ce qui souillerait un autre site, ou de les brûler, ce qui serait une catastrophe en raison des émanations de fumée toxique", dit Sarji.