Une pénurie de fonds et un manque de solutions
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| Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR |
"Nous voulons nous débarrasser de ces déchets. Avec le soleil, l'odeur empeste et aussi une étincelle risque d'y déclencher un incendie", explique Jean Nakhlé, propriétaire d'une plage privée, qui habite avec sa femme et son fils dans une maisonnette à quelques mètres de là. Au ministère libanais de l'Environnement, les responsables affirment explorer toutes les pistes. "Le coût du nettoyage et des dégâts de l'environnement a été évalué à 203 millions de dollars, somme dont le Liban n'a obtenu que 8% et les ONG, à court de fonds, n'ont pu déplacer les déchets collectés", assure à l'AFP Ghada Mitri, responsable du dossier au ministère. Le ministère, qui ne dispose que d'une cinquantaine d'employés et d'un budget ne dépassant pas 0,1% du budget de l'Etat, a dû gérer la crise de la marée noire, l'Autorité générale de gestion des catastrophes ayant été débordée devant l'étendue des ravages de la guerre. A la pénurie de fonds s'ajoute le manque de solutions. "Les déchets ne peuvent être enterrés ou brûlés car le Liban ne possède pas de dépotoir ou de brûloir adéquats pour les déchets toxiques", souligne-t-elle.
"Transférer ces déchets vers un pays industrialisé possédant l'expertise et l'équipement nécessaires pour les recycler a aussi été écartée car les pays contactés ont refusé ou n'ont pas répondu", ajoute-t-elle. "Une étude de faisabilité a établi que nous ne pouvions pas non plus les utiliser comme couche inférieure pour les routes goudronnées, leurs normes n'étant pas conformes aux normes requises", poursuit Mme Mitri. "Nous étudions maintenant la possibilité de les enterrer dans des conteneurs hermétiquement scellés après les avoir traités". A Beyrouth, une compagnie libanaise avec le concours d'expertise australienne traite les déchets qui reposent sur la plage grâce à des éponges géantes. "Le fioul colle aux éponges et se sépare du sable, nous le réutilisons et replaçons le sable sur la plage", dit un des travailleurs. "Cela pourrait résoudre enfin ce casse-tête", espère Mme Mitri.