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| Crédit photo: Cedar Environmental |
A quelques mètres seulement de la frontière avec l'Etat hébreu se dresse le Centre de gestion des déchets solides d’Aaitaroun, une installation de 700 mètres carrés détruite pendant la guerre par deux missiles, puis rénovée grâce à un programme d'aide financé par le gouvernement italien. Les cinq employés de l'installation trient patiemment chaque jour, pendant cinq heures, épluchures de pommes de terre, bouteilles en plastique et vêtements usés, avant le recyclage proprement dit. "Nous avons voulu donner l'exemple d'une agglomération rurale qui, non seulement se débarrasse de tous ses déchets, mais en profite également pour se lancer dans l'agriculture organique", explique Ziad Abi Chaker, de "Cedar environnemental", une société libanaise spécialisée dans la technologie du recyclage. "Les gens du village étaient très gênés par l'odeur qui se dégageait des ordures qu'on brûlait. Pour eux, ce projet est comme une bénédiction", affirme-t-il.
"Cedar environnemental" n'en est pas à sa première expérience, des unités de recyclage ayant déjà vu le jour dans le sud du Liban comme à Kfar Sir, Khirbet Silem, El Qlaiaa, Qabrikha, Jbaa ou Naqoura.
Mais à Aaitaroun, ces ingénieurs "verts" se sont fixés pour objectifs le "0% déchet" et la transformation des déchets organiques en compost utile pour l'agriculture. "Tout est recyclé, rien n'est jeté", explique M. Abi Chaker. Chaque jour, six tonnes de déchets ménagers sont déchargées par un camion en provenance d'Aaitaroun (8.000 habitants), ainsi que du hameau proche de Blida (2.000 habitants), et sont traitées par des machines de fabrication locale. La "star" de ces machines est le composteur à tambour, où les déchets organiques, mélangés avec une mixture enzymatique pour accélérer la fermentation, sont retournés pendant trois jours.