Les causes de la déforestation au Liban sont pratiquement toutes liées aux activités humaines. Parmi celles évoquées le plus souvent, l’urbanisation massive et chaotique, ainsi que les incendies. Le problème est loin d’être nouveau. « On parle beaucoup de la période de la guerre et de l’après-guerre, et on a tendance à oublier qu’une grande vague de déforestation a eu lieu lors de la Première guerre mondiale, quand les armées avaient besoin de quantités de bûches, et que cela continue depuis », souligne Ali Darwiche, président de l’association écologique Green Line et consultant auprès de l’Agence de coopération technique allemande (GTZ).
Aujourd’hui, selon M. Darwiche, les principales causes de déforestation sont l’exploitation non réglementée de carrières de sable (un secteur que l’État tarde à organiser sachant que la loi interdit de telles exploitations en terrains boisés), la production de bois de chauffage (le prix du mazout étant en hausse permanente) et le développement urbain anarchique (ce n’est que très récemment qu’un plan directeur national de classification des terrains a été élaboré, et n’a pas encore été mis en application). « Exemple parmi d’autres, la plaine de Choueifate (sud du Mont-Liban) était plantée d’oliviers, elle est aujourd’hui bétonnée à 90%, dit-il. Toutes les régions sont touchées par cette urbanisation galopante qui change la physionomie et l’utilisation des terrains. »