BEYROUTH - Les forêts du Liban sont aujourd’hui menacées par des incendies dévastateurs, provoqués par le changement climatique, qui accélèrent à leur tour le rythme du réchauffement climatique, a indiqué à l'IRIN (Integrated Regional Information Networks) l’ONG libanaise de défense des forêts AFDC.
« Nous assistons à une augmentation des températures, qui provoque l’assèchement des sols forestiers et les pousse vers une désertification », a expliqué à l'IRIN Sawsan Bou Fakhreddine, directrice générale de l’Association pour les forêts, le développement et la préservation (AFDC).
Les incendies de forêt se déclarent désormais plus tôt qu’auparavant. « Nous avons remarqué que les feux de forêts commençaient en avril, soit trois mois plus tôt que la saison habituelle, qui commence en juin-juillet. Avec cette augmentation continue des températures, la terre perd une grande partie de son humidité et les arbres deviennent plus secs. Cela provoque de graves incendies, qui sont difficiles à éteindre », a-t-elle ajouté.
En moyenne, selon Mme Fakhreddine, environ 1 500 hectares de zone boisée sont touchés par des incendies, chaque année, mais en 2007, plus de 4 000 hectares de forêt ont été décimés par les incendies les plus destructeurs survenus au Liban depuis plusieurs décennies. « En un jour, nous avons perdu trois fois ce que nous avions planté en 17 ans ».
Selon l’AFDC, 35 pour cent du territoire national était couvert de forêts en 1965, contre 13 pour cent en 2007.
« Si nous nous retrouvons confrontés à des incendies comme ceux qui se sont déclarés l’année dernière, d’ici 15 à 20 ans, le Liban aura entièrement perdu ses forêts », a indiqué Mme Fakhreddine à l’IRIN.
« Les glissements de terrain sont le problème le plus courant, causé par la perte de couverture forestière. Lorsque la pluie tombe sur les arbres, l’eau est progressivement absorbée par le sol au lieu de se perdre dans des torrents rapides qui emportent également avec eux la surface des sols », a-t-elle expliqué.
« Quand on va au mont Liban ces jours-ci, on n’entend que le bruit de la scie sur le bois. Les gens se préparent à passer un hiver rigoureux. Bien que cela soit interdit, de nombreuses familles pauvres n’ont pas les moyens d’acheter du diesel, alors elles coupent les arbres pour assurer que leurs enfants n’auront pas froid », a expliqué Mme Fakhreddine.
Dans les régions montagneuses du pays, les forêts sont importantes car elles protègent la surface des sols et les eaux souterraines, selon les écologistes.
« Les glissements de terrain sont le problème le plus courant, causé par la perte de couverture forestière. Lorsque la pluie tombe sur les arbres, l’eau est progressivement absorbée par le sol au lieu de se perdre dans des torrents rapides qui emportent également avec eux la surface des sols », a-t-elle expliqué.
La hausse mondiale du prix des carburants est également à l’origine de la déforestation. « Le Liban connaît des hivers particulièrement rigoureux et la plupart de sa population vit 500 mètres [au-dessus du niveau moyen de la mer]. Certains vivent à 1 800 ou 2 000 mètres d’altitude. Au Mont Liban ces jours-ci, on n’entend que le bruit de la scie sur le bois. Les gens se préparent à passer un hiver rigoureux. Bien que cela soit interdit, de nombreuses familles pauvres n’ont pas les moyens d’acheter du diesel, alors elles coupent les arbres pour assurer que leurs enfants n’auront pas froid », a expliqué Mme Fakhreddine.
Mme Fakhreddine a ajouté que les incendies de forêt, comme bien d’autres problèmes environnementaux au Liban, n’étaient pas considérés comme une priorité par le gouvernement, au vu, surtout, de la situation politique sensible et des problèmes de sécurité observés dans le pays ces dernières années.
« Aucune mesure n’a donc été prévue en vue de prévenir et d’éteindre les incendies de forêt, et les institutions concernées n’ont ni le savoir-faire ni l’équipement nécessaire pour contenir ces incendies ».
Mme Fakhreddine a également indiqué à l’IRIN que les incendies de forêt n’étaient pas considérés comme une priorité par le gouvernement, au vu, surtout, de la situation politique sensible et des problèmes de sécurité observés dans le pays ces dernières années.
L’IRIN fait partie du bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires, mais ses services éditoriaux sont indépendants de l’ONU et leur production ne reflète pas les points de vue des Nations unies ou de ses agences, affirme ce réseau.
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