Retour Page d'Accueil
Activités humaines    Cadre de vie     Développement durable     Pollution    
iloubnan.info > Environnement > Activités humaines > Toutes les dépêches > Un an après, le Liban reste sous la menace des bombes israéliennes
  Raccourcis
  Les dépêches
 
Un an après, le Liban reste sous la menace des bombes israéliennes
Par Nayla Razzouk
Le 09 octobre 2007
 


AL-HOSH - L’alarme du détecteur de métaux retentit. Hossam Moustapha, qui passe au peigne fin une bananeraie du sud du Liban à la recherche de sous-munitions déversées par Israël au cours de la guerre de l’été 2006, se fige, le visage ruisselant de sueur.

Le jeune démineur avance avec précaution. Le sud du pays est pollué par les sous-munitions qui n’ont pas explosé -jusqu’à un million, selon l’ONU- larguées entre le 12 juillet et le 14 août 2006, lors de la guerre entre l’Etat hébreu et le mouvement chiite Hezbollah.

Dans la région côtière d’Al-Hosh, les agriculteurs sont pourtant au travail.
"Nous les informons que leur sécurité est menacée. Mais ils tiennent à aller dans les plantations car c’est leur seul moyen de survie", explique Magnus Rundstrom, un Suédois membre de l’ONG britannique MAG (Mine advisory group) qui travaille pour le Centre de coordination anti-mines de l’ONU (MACC) chargée de superviser les opérations de déminage.

"Les priorités sont d’abord les zones habitées, puis les champs cultivés car ils sont importants économiquement puis les champs en friche", poursuit l’ancien soldat de l’armée suédoise de 38 ans, qui a jadis déminé des champs au Laos.

Selon les Nations unies, au moins 37 persones ont été tuées et 217 blessées et mutilées par les sous-munitions depuis la fin du conflit. Deux civils, dont un enfant de six ans, ont été tués par ces engins la semaine passée.

Entre 2000 et 2006, 300 personnes avaient été tuées et blessées par des mines, selon Dalya Farran, porte-parole du MACC.

"Il existe 946 sites pollués, représentant une surface de près de 38 millions de m2", dit-elle. "En fin de semaine dernière, 131.000 sous-munitions avaient été récupérées" par 1.300 spécialistes, formant 69 équipes dirigées par des experts étrangers, dont l’objectif est d’avoir terminé fin 2008, ajoute-t-elle. Le programme est financé par des pays étrangers.

"Notre principal problème est qu’Israël ne nous a fourni aucune information sur les sites visés, ni leur situation géographique, ni le type de sous-munitions ni les quantités", se plaint-elle.

Israël n’a pas répondu aux demandes de l’ONU concernant la localisation des sites, se bornant à dire qu’il n’avait pas fait usage d’armes prohibées.

La guerre du Liban a cependant "donné du grain à moudre aux pays qui luttent pour obtenir une interdiction internationale des bombes à sous-munitions, se félicite Mme Farran. Il y a des indications selon lesquelles nous serions proches d’un traité d’interdiction".

La mission du MACC comprend aussi le nettoyage de 25.000 mines et munitions non explosées dans les secteurs de Nabatiyeh, Jezzine and Hasbaya situées au nord du fleuve Litani (Liban-Sud).

En revanche, le MACC n’a pas mandat pour récupérer les 375.000 mines, en majorité des mines anti-personnel de fabrication israélienne, disséminées dans les environs de la ligne bleue, établie par l’ONU pour servir de frontière entre Israël et le Liban.

Magnus Rundstrom arpente avec détermination les rangées de bananiers, où les emplacements des sous-munitions sont signalés par des bâtons en bois, donnant des ordres stricts à son équipe.

"Ces jeunes gens ont reçu une formation", souligne-t-il, expliquant que la présence de nombreux arbres ne facilite pas le travail. "Le principal problème dans la région, c’est que les gens ramassent parfois les bombes à la main. Certains en font un gagne-pain car ils sont payés par des collectionneurs cinq dollars l’engin", dit-il.

Les démineurs locaux employés par le MACC sont payés 700 dollars mensuels, une somme considérable dans cette région très pauvre.

"Avant, je cultivais le tabac, maintenant je récolte des bombes, explique Hossam Moustapha. Mais je veux sauver mon peuple et mon pays".
 
envoyer
sauvegarder
imprimer retour

(Publicité)