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La pollution bactériologique, plus dangereuse que la marée noire sur les plages libanaises
Par Suzanne Baaklini
Le 05 juin 2007
 


La marée noire, causée l’été dernier par un bombardement israélien de la centrale électrique de Jiyeh, était la principale source d’inquiétude des baigneurs cette année. Or malgré les traces toujours visibles de la marée noire en certains points de la côte, il s’avère que c’est la pollution bactériologique, résultant des égouts déversés sans aucun traitement dans la mer, qui reste la plus dangereuse pour la santé. Les restes de fuel sont donc davantage une source de dérangement qu’une menace sanitaire. C’est ce qui résulte de la dernière étude menée par le ministère de l’Environnement, ainsi que des tests effectués par le Centre de recherche marines du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) et par la hotline environnementale de la revue « Al Bi’a wal Tanmia » (« Environnement et développement »).

Ces deux dernières sources s’accordent à dire que la pollution bactériologique reste omniprésente sur le littoral, mais que le taux de pollution, inégal selon les régions, dépasse les limites sur la côte de Dbayé-Antélias, Ramlet el-Bayda et Manara (Beyrouth). En général, la situation des plages privées est plus avantagée que celle des plages publiques. Cependant, selon le Centre d’études marines, la marée noire aurait eu un effet désastreux sur des dizaines d’espèces de créatures marines, notamment beaucoup de micro-organismes, même si le poisson reste propre à la consommation (contrairement aux animaux dits filtreurs, comme les oursins ou les moules). Les analyses se poursuivent chaque mois.

Pour ce qui est du nettoyage de la marée noire, le ministère de l’Environnement a annoncé le début d’une seconde phase, considérant que les meilleurs résultats ont été obtenus dans le domaine de la collecte du fuel dans l’eau, alors que le plus difficile reste le nettoyage des rochers. Critiqué pour le retard dans la résolution du problème du fuel et des déchets pollués, collectés et souvent abandonnés sur les plages, le ministère a annoncé sa volonté de les stocker de manière sûre en attendant leur exportation pour un traitement à l’étranger. Une option qui est loin d’avoir convaincu tout le monde, notamment des écologistes qui considèrent que ces déchets, non « dangereux », peuvent être traités sur place.
 
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