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BATROUN - Un an après la marée noire provoquée par le bombardement israélien sur une centrale électrique au Liban, plus de 60% des milliers de tonnes de pétrole déversées dans la mer ont été nettoyées, mais beaucoup reste à faire en particulier dans les zones rocheuses.
Le 13 juillet 2006, puis le 15, aux premiers jours de l’offensive israélienne au Liban contre le Hezbollah chiite, des obus israéliens se sont abattus sur la centrale électrique de Jiyé, à 25 kilomètres au sud de Beyrouth, perçant les réservoirs pétroliers.
15.000 tonnes de pétrole se sont répandues dans la mer, souillant 150 kilomètres de côtes, soit près des trois quarts du littoral du Liban, qui s’étend sur 220 kilomètres le long de la Méditerranée.
Cette marée noire, la plus grave jamais survenue dans l’est de la Méditerranée, a mis en péril les écosystèmes et souillé notamment le site antique de Byblos, classé au patrimoine de l’humanité.
"60 à 70% du pétrole a été nettoyé pendant la première phase de l’opération, entre août 2006 et mars 2007", a déclaré lundi le directeur général du ministère de l’Environnement, Berge Hatjian.
Malgré ces progrès, qui ont permis le démarrage d’une nouvelle saison touristique sur les plages bondées du Liban, des sites rocheux restent pollués et des organisations écologiques mettent en gardent contre les conséquences à long terme de la marée noire.
"A l’heure actuelle la mer est propre, mais 26 sites rocheux sur la côte qui s’étend de la centrale de Jiyé jusqu’à l’extrémité nord du pays sont toujours pollués par des plaques de pétrole", a expliqué M. Hatjian.
En outre, six fonds marins, notamment à Jiyé et dans la région de Byblos, à 45 kilomètres au nord de Beyrouth, sont toujours pollués, a-t-il ajouté.
La deuxième phase du nettoyage a commencé en mai et doit durer jusqu’en octobre, mais les résultats de ces travaux ne sont pas comptabilisés.
L’Agence américaine pour l’aide au développement international (USAID) a pris en charge financièrement cette deuxième phase pour les sites au nord de Beyrouth, et le gouvernement japonais pour la côte au sud de la capitale, a indiqué M. Hatjian.
Mais le littoral devra rester sous surveillance jusqu’en 2011, a-t-il prévenu.
Depuis l’été 2006, des ONG et associations libanaises et internationales, le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) et plusieurs pays, dont la France, la Grèce, l’Espagne et le Koweït, ont aidé le Liban dans son combat de longue haleine contre la marée noire.
"Le coût de la dépollution a été estimé à 150 millions de dollars, alors que celui des dégâts causés à l’environnement ne devrait pas être inférieur à 167 millions USD", a indiqué M. Hatjian.
Mais les défenseurs de l’environnement soulignent que le nettoyage est loin d’être terminé. Selon la responsable de Byblos Ecologia, Fadwa Kallab, "il y a des zones dans les régions de Byblos et d’Amchit, plus au nord, où le nettoyage n’a pas encore commencé".
"Aucun état des lieux exhaustif des dégâts n’a été effectué", remarque l’ONG de défense de l’environnement Green Line. "Au contraire, deux agences de l’ONU ont rendu des conclusions contradictoires, l’une affirmant que les dégâts sont limités, l’autre présentant la marée noire comme un désastre sur le long terme".
Selon l’expert américain Rick Steiner, cité par la presse libanaise, "les côtes rocheuses entre Byblos et Tripoli, à 90 kilomètres au nord de Beyrouth, sont toujours très polluées".
Cet expert, qui avait participé au nettoyage dès août 2006, a mis en garde contre "les baignades et la pêche dans les zones encore polluées".
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