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| Crédit photo: AFP |
Des employés astiquent les vitrines, des camions déchargent vivres et fournitures, les bars et les magasins, pourtant à peine approvisionnés, rouvrent leurs portes. Dès mercredi soir au centre ville de Beyrouth, à peine démonté le campement des militants de l’opposition, un flot de clients a envahi les terrasses des cafés, dans les rues piétonnes désertes ou presque depuis un an et demi.
A deux pas de là, un immense chantier de déblaiement remplace les tentes du campement qui, depuis 18 mois, a réduit le centre historique de Beyrouth à l'état de ville-fantôme. En quelques heures, les dizaines de tentes blanches ont disparu. Toute la nuit, camions et pelleteuses ont continué à charger les débris de métal et de bois, pour faire place nette avant la levée des barrières et des barbelés entourant le campement, que les Beyrouthins avaient pris l'habitude de contourner. Un peu déconcertés, ils retrouveront alors des repères oubliés.
Jeudi matin, pendant que des employés de sociétés privées nettoyaient les rues avec des jets d'eau et tentaient de redonner vie aux plates-bandes, l'armée commençait à enlever les barbelés qui entouraient la grande place des Martyrs. Une scène "indescriptible", commente Fadi Karam, 28 ans, le propriétaire du Buddha Bar, un célèbre bar de nuit de la capitale. Des statues reposent sur le sol poussiéreux de l'immense restaurant, plongé dans le silence. Mais l'arrière-salle ressemble à une ruche. "Nous embauchons 200 personnes pour le Buddha Bar et pour un autre établissement que nous ouvrons", explique Fadi Karam. "Nous croyons dans ce pays, et ceux qui sont partis reviendront". Il a lui-même quitté le Liban pendant cinq mois, pour revenir en décembre, alors qu'il pensait la crise sur le point de se terminer.