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| Crédit photo: AFP |
La nuit tombe sur les collines d'Aïha, dans le sud-est du Liban. Des véhicules sillonnent les sentiers poussiéreux pour aller, en un temps record, livrer leurs produits en Syrie et en ramener d'autres au pays du Cèdre. "Le travail commence à 21H00. En voitures ou fourgonnettes, nous allons vers des points de rencontre, dans la montagne, attendre l'arrivée des produits syriens", indique M.Z., qui tient à rester anonyme. Des ânes ou des mules sont aussi utilisés. Du Liban partent surtout des boissons alcoolisées et du fer. Articles textiles, bonbonnes de gaz, produits ménagers et alimentaires, ainsi que le "meassel" (un tabac utilisé pour le narguilé) font le chemin inverse.
La contrebande entre le Liban et la Syrie, qui partagent 170 km de frontière terrestre, remonte au temps des indépendances, dans les années 1940. "L'économie libanaise a longtemps dépendu de l'économie parallèle. Les salaires dans les deux pays sont très bas et les revenus non déclarés courants", explique à l'AFP Farès Ichtay, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise. "Par le passé, le haschich était le principal produit de contrebande", signale-t-il. Mais, après la guerre civile (1975-1990), et sous la pression internationale, le Liban a fini par lutter contre cette culture présente dans la plaine de la Bekaa (est). "Les produits illégaux ne sont plus l'enjeu de cette contrebande, qui pourtant perdure", enchaîne l'universitaire.