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| Crédit photo: AFP PHOTO/RAMZI HAIDAR |
Lorette Beaïni, 40 ans, travaille plus de dix heures par jour, six jours par semaine, pour 400 dollars par mois qui s'évaporent en 48 heures. Comme de nombreux Libanais, elle peine à gérer un revenu amaigri par la hausse des prix. Elle travaille depuis 15 ans dans un salon de beauté. Sa sœur et un de ses deux frères étant au chômage, elle couvre la majorité des frais de la maison où les quatre habitent à Jounieh (nord de Beyrouth). Elle paie aussi certaines dépenses de ses parents. Le mois dernier, "n'ayant plus un sou en poche", elle a dû annuler un rendez-vous médical. Comme elle, de nombreux Libanais sont obligés de cumuler deux emplois pour joindre les deux bouts.
Un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) souligne l'écart social que l’on observe actuellement au Liban : "Les plus pauvres contribuent à 7% de la consommation nationale, alors que 20% de la population en assure près de 43%", souligne l’étude. Lorette survit grâce aux pourboires, "mais je me prive de tout. Aucun vêtement neuf depuis deux ans et à la mort de mon oncle, j'ai dû acheter des habits noirs à crédit pour assister aux obsèques".
Contrairement aux prix, les salaires au Liban stagnent depuis 1996. Outre la hausse des prix mondiaux du pétrole et des produits de consommation, la crise politique libanaise se répercute sur l'économie. Selon l'Association du consommateur libanais, les prix ont augmenté de 43,03% les 21 derniers mois et le pouvoir d'achat a baissé de moitié. L'indice de consommation, pour la même période, indique une hausse de 28,73% des prix des légumes et 14,07% pour la viande ainsi que des services, de l'électricité et des dérivés du pétrole.