
Une série d’accords de libre-échange ont été signés avec les plus importants rassemblements géographiques régionaux pour faciliter le commerce des produits à travers les frontières.
L’accord panarabe, qui englobe la plupart des pays de la région, est arrivé en principe à sa phase finale en 2005 avec un taux douanier zéro, après plusieurs années de baisse progressive de droits de douane. En principe, car de longues listes d’exceptions et des barrières non douanières en limitent sérieusement la portée. Il n’empêche que les pays du Golfe, avec lesquels un autre accord spécifique a été conclu, demeurent nos plus gros clients.
Un « accord d’association » a été conclu avec l’Union Européenne, dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen (appelé parfois Euromed). Là, les règles sont mieux codifiées, et elles sont à l’avantage du Liban, à condition de suivre strictement les normes européennes. Nos bénéfices commerciaux restent cependant limités concernant cet accord.
D’autres accords (avec la Suisse, la Syrie, les Etats-Unis…) suivent le même schéma de libéralisation des échanges, avec des niveaux variés de bonheur.
Cette tendance à la mondialisation n’a cependant pas débouché encore sur une adhésion libanaise à l’OMC. Le processus est encore en marche, les négociations entamées, interrompues, puis reprises, au gré des aléas politiques internes. Concernant les dispositions purement douanières, nos taux, généralement assez bas, ne constituent pas un obstacle.
Des problèmes persistent en revanche au niveau de notre législation un peu désuète. Parmi les chantiers législatifs en cours, on cite des projets de loi sur les règles de la concurrence, le dumping, la (vraie) protection de la propriété intellectuelle et industrielle…et le système des agences exclusives. Un système qui donne le droit à un importateur « agent exclusif » d’empêcher tout autre commerçant d’importer le même produit (même marque).
Dans cet environnement, les commerçants libanais sont toujours aussi actifs, non seulement pour fournir tout genre de produits au marché local, mais aussi régional. Car, très souvent, leurs accords de distribution avec le producteur étranger couvrent plusieurs pays, à travers donc un commerce triangulaire, dont ils étaient les champions dans le passé.
Mais ceci n’a pas encore entraîné un essor significatif et constant de l’activité de transit terrestre des ports libanais vers l’hinterland arabe, comme c’était le cas auparavant, car les structures portuaires ont été développées entre-temps dans les pays de la région.
La récente extension du port de Beyrouth a cependant permis un développement significatif du transit maritime, vers les ports proches.
En termes de volume, il faut constater que le Liban reste un grand pays importateur de tout genre de produits. L’Italie est traditionnellement le premier fournisseur, suivie de près par la France, l’Allemagne et les Etats-Unis. Mais la Chine s’est imposée les dernières années, comme partout ailleurs, comme un concurrent solide, surtout après le renchérissement de l’euro par rapport au dollar.
La balance commerciale extérieure prend donc, traditionnellement, l’allure d’un énorme déficit en notre défaveur. Et les exportations ne couvrent que 20% de nos importations.
Au niveau du financement, le commerce est depuis toujours le secteur qui utilise le plus les facilités bancaires, en crédits, découverts, garanties, etc.
En termes de produits, et à part les dérivés pétroliers, les importations concernent surtout le matériel électrique, les produits chimiques (des détergents jusqu’aux médicaments et produits de beauté), puis les véhicules, les aliments, les bijoux, les textiles, etc.
Pour chaque type de produits, il serait étonnant de noter la multiplicité des marques de toute origine. En dépit de cela, la concurrence n’est pas généralisée, de sorte que, selon une étude récente, dans 1/3 des 300 marchés-secteurs répertoriés, une seule entreprise représente dans chaque cas au moins 40% du marché concerné.
A cet égard, il faut aussi noter un épiphénomène majeur : la contrebande. Une activité qui a connu son âge d’or au plus fort de la présence syrienne, englobant tout genre de produits, authentiques ou contrefaits, conformes aux normes ou non, destinés au marché local ou non. Cette activité tend à se tasser depuis le retrait militaire syrien.
Mais les contrefaçons restent quand même largement présentes sur le marché local, fruits d’importations essentiellement chinoises, dans un environnement judiciaire peu dissuasif.
Au niveau du commerce interne, les réseaux de distribution modernes gagnent de plus en plus du terrain. Presque inexistants il y a encore une dizaine d’années, les super et hypermarchés, les centres commerciaux et assimilés représentent actuellement près de 30-35% de la consommation courante. On compte ainsi près de 90 grandes surfaces de vente, avec des noms locaux, régionaux et internationaux, comme Monoprix, Casino Géant, Spinneys, BHV. A ceux-ci s’ajoutent quelque 300 moyennes surfaces et plusieurs milliers d’épiceries de quartier.
Balance commerciale
| Année |
Balance Commerciale (millions $) |
| 1992 |
-3 006 |
| 1993 |
-4 482 |
| 1994 |
-5 418 |
| 1995 |
-6 479 |
| 1996 |
-6 825 |
| 1997 |
-6 814 |
| 1997 |
-6 399 |
| 1999 |
-5 529 |
| 2000 |
-5 514 |
| 2001 |
-6 402 |
| 2002 |
-5 399 |
| 2003 |
-5 644 |
| 2004 |
-7 650 |
| 2005 |
-7 459 |