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Autour de la grande table installée au sein de la boutique Vintage Wine Cellar, la dégustation de grands crus provenant de Bourgogne et de Bordeaux se fait dans un silence respectueux ce vendredi 30 octobre. A l’occasion de la Semaine de la gastronomie française, la prestigieuse boutique spécialisée dans les vins fins et spiritueux, dans le quartier de Saifi, avait en effet organisé une séance de dégustation en compagnie de deux experts en vin qu’elle avait invités pour qu’il puisse faire découvrir aux amateurs ou aux professionnels leurs meilleurs crus : Jean-Francois Curie, Directeur commercial et responsable marketing chez « Maison Joseph Drouhin » à Beaune (Bourgogne), et Charlotte Denjean, responsable marketing et charge du développement des relations publiques et du réceptif chez Château Lagrange (grand cru de Bordeaux) à Saint-Julien. Tous deux faisaient partie des cinq experts invités par Vintage Wine Cellar pour plusieurs séances similaires dans le cadre de cette Semaine gastronomique, avec aussi Bertrand Michat du “Domaines Paul Jaboulet Ainé”, Vallée du Rhône ; Emmanuel Cruse, du “Château D’Issan”, Cru Classé, Margaux ; Claire Thomas-Chenard, de “Château Larmande” et “Château Soutard”, Grands Crus Classés de Saint-Emilion.
Wadih Riachi, directeur de Vintage Wine Cellar explique : « La plupart de nos invités visitaient le Liban pour la première fois ; ils ont trouvé que les Libanais avaient un goût sophistiqué en matière de vin ». Alors qu’une séance de dégustation vient de s’achever, l’expert Jean-Francois Curie, qui chez Joseph Drouhin est responsable des marchés intérieurs et de l’exportation, déclare en effet avoir perçu « chez les Libanais une vraie curiosité. Les gens ici sont très réceptifs. On peut instaurer avec eux une vraie complicité, on parle le même langage en matière de plaisir gustatif. C’est très différent ici de l’Asie par exemple, où les dégustations peuvent être très scolaires. Aux Etats Unis, elles restent très superficielles. Ici, on a vraiment l’impression d’être entendu ». Il poursuit : « Les Libanais aiment les bonnes choses, ce qui est indispensable pour être en mesure d’apprécier le bon vin ! Il y a une vraie sensualité chez eux ».
Elever les consommateurs à des niveaux supérieurs
Ces événements s’inscrivent dans le cadre de la volonté de Vintage Wine Cellar d’importer les meilleurs vins et spiritueux, « qui nous donnent réellement un avantage compétitif en vue de renforcer notre position au Liban », explique Wadih Riachi. Il ajoute que « depuis 2002, Vintage Wine Cellar a rompu les frontières des consommateurs de vin ordinaires en les élevant à des niveaux supérieurs et en satisfaisant leur demande avec une large gamme de services tels que les cours, les plans de caves et les livraisons, les armoires de stockage et les accessoires, ainsi que les dîners privés et professionnels ; le but est de fournir aux clients des vins de la meilleure qualité et pour tous les budgets, tout en bénéficiant de la meilleure sélection possible ».
Charlotte Denjean, après la séance de dégustation qu’elle a co-animée avec Jean-François Curie, raconte avoir noté que « L’accueil aux viticulteurs et producteurs français a été excellent, avec beaucoup de réceptivité et de curiosité. On perçoit un authentique intérêt pour la France et la production française. Et puis, il y a une véritable compatibilité entre le goût français et la culture gastronomique libanaise ! Le vin est indissociable de la gastronomie, or il existe ici de très belles tables ».
Un réel marché pour les grands crus français au Liban
Spécialiste forte d’une douzaine d’années d’expérience dans la filière du vin à Bordeaux, Charlotte Denjean souligne également à propos du marché libanais qu’il est certes réduit, mais bien réel : « 85% des 700 000 bouteilles que nous produisons chez Château Lagrange sont exportées vers l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Le marché libanais pour nous est petit, mais les vins français peuvent y prendre une belle place… c’est aussi pour ca que nous sommes là ! Les jalons sont posés ici pour nous faire connaitre. A Château Lagrange, nous voulons communiquer auprès d’un public précis. Ma venue a été organisée via un négociant bordelais qui connait bien le marché local ».
Interrogé sur la production viticole libanaise, Jean-Francois Curie avoue se demander « pourquoi le Liban n’est pas un plus gros producteur de vins. Car quand on regarde la culture, l’histoire, la géographie du pays, son climat, on se dit que le vin a été inventé ici ! Personnellement, j’ai un faible particulier pour le Château Muzar rouge, que je comparerais plutôt à certains vins de Bordeaux ». Il décrit en tout cas les vins libanais avec beaucoup de respect : « Ce sont des vins de climat chaud : ils sont donc très différents des vins de Bourgogne. Ils sont puissants et opulents, ce sont des vins de soleil. Mais ce sont aussi des vins d’altitude et les nuits sont fraiches, ce qui est un avantage pour eux. Ce sont vraiment des vins de qualité, en tout cas pour les rouges (je ne connais que très peu les blancs). On commence d’ailleurs à trouver de plus en plus de vins libanais sur les tables des bons restaurants français… » Les grands crus français ont de l’avenir au Liban… et vice-versa ?
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