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Le musée Mouawad sort de l'ombre... avec le soutien du mécénat
Beyrouth, Par Virginie Vilar
iloubnan.info - Le 20 août 2008
 
C’est le dernier né des musées de Beyrouth… l'un des plus méconnus aussi. Situé juste derrière le Grand Sérail, le musée Robert Mouawad a régulièrement subi les soubresauts de l'actualité libanaise. L'année dernière, au moment du sit-in de l'opposition au centre-ville, le bâtiment était entouré de fils barbelés mais depuis deux mois, l'accès du musée est dégagé. M. Mouawad, le propriétaire des lieux a donc de décidé de relancer un partenariat avec la banque libano-française (BLF) scellé en 2005 à la création du musée. But de l’initiative ? Faire sortir de l’ombre ce lieu culturel mais aussi lui assurer des rentrées d’argent non-négligeables. Avec ce mécénat, la BLF, elle, entretient, avec discrétion, son image de marque.

Le premier Coran imprimé, le collier que portait la reine Elisabeth II à son mariage, la table (cf. photo) où a été dessiné le drapeau libanais dans les années 40 ou encore « Excelsior », le deuxième diamant du monde de 69 carats… Le musée Mouawad n’a pas à rougir des objets qu’il abrite. Pourtant, depuis sa création en 2005, le lieu ne jouit pas d’une grande visibilité. Il faut dire que son emplacement n’a pas joué en sa faveur ces derniers mois. Situé à proximité du siège du gouvernement, le musée Mouawad était entouré de fil barbelés il y a encore quelques semaines. « Avec le sit-in de l’opposition au centre-ville en 2007, le premier ministre Fouad Siniora avait peur d’être attaqué. Comme nous sommes juste à côté, l’accès du musée était très difficile et on a dû fermer pendant plusieurs semaines », raconte Nassar Abou Khalil, l’un des responsable du musée.

Robert Maouwad, riche bijoutier libanais a racheté l’ancienne demeure de Henri Pharaon en 1990 pour en faire un musée plus de dix ans plus tard. Dès l’ouverture des lieux, il s’est tourné vers la banque libano-française. Tania Rizk-Nacouz, directrice de la communication à la Banque libano-française, affirme : « La culture étant depuis longtemps le cheval de bataille de la BLF, on a tout de suite accepté le mécénat avec Robert Mouawad. Nous offrons des subventions au musée mais aussi une plus grande visibilité. Il y a des choses passionnantes à découvrir ici mais le problème, c’est que beaucoup de gens ne savent pas que le musée existe ».

Pour assurer la visibilité du lieu, la BLF met régulièrement à disposition du musée son espace publicitaire dans les médias. Une sorte de publicité gracieuse dans les journaux ciblés tels que l’Agenda culturel. Depuis 2005, elle verse par ailleurs chaque année quelques milliers de dollars au musée. Une somme qui permet à la direction de couvrir plusieurs dépenses comme l’organisation d’expositions ponctuelles ou la rémunération des professeurs qui dispensent des cours de musique, de dessin et d’art. « Sans vouloir minimiser le geste de la BLF », Nassar Abou Khalil tient cependant à clarifier les choses. « On ne peut être que reconnaissant envers la banque libano-française, mais ce n’est pas son apport qui nous fait vivre, comme c’est le cas pour d’autres parrainages », précise-t-il.

La directrice de communication de la BLF fait elle aussi le distinguo. « Nous sommes également partenaire du festival Liban-Jazz depuis sa création il y a cinq ans. Si du jour au lendemain nous décidions de ne plus donner de subventions à son directeur, je pense que l’événement aurait du mal à survivre », explique Tania Rizk-Nacouz.

Le budget annuel du mécénat culturel de la banque se chiffre actuellement à plusieurs centaines de milliers de dollars.
 
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