La réouverture de la rue Emir Bechir est un soulagement pour les restaurateurs de la rue Maarad qui ont maintenu leur activité durant la crise. Toutefois si les rues Maarad, Ahdab et Omari ont retrouvé actuellement un peu d'animation, il ne faut oublier les rues secondaires qui offrent toujours un paysage de désolation avec des dizaines de boutiques et restaurants fermés. Le problème n'est pas récent et n’avait rien à voir avec le sit-in. Il est incontestable qu'il y a deux facettes commerciales au centre-ville : les axes principaux (Maarad, Allenby, Foch, Moutran, Malek, etc...) qui attirent les meilleures enseignes et les autres (Uruguay, Toubia Aoun, Parlement, Rami) qui collectionnent les fermetures depuis 5 à 6 ans. Aujourd'hui, l'intérêt des professionnels reste toujours concentrés sur les rues les plus fréquentées où les loyers sont les plus élevés de 800 à 1 200 dollars le m2 annuels pour un rez-de-chaussée. Heureusement, le paysage commercial du centre-ville va connaître d’ici quelques mois un nouveau souffle avec les prochaines ouvertures des Souks de Beyrouth et de la galerie marchande Le Gray qui est située place des Martyrs. Les sollicitations des commerçants pour ces deux espaces vont renforcer l’attractivité du centre-ville qui sera enfin capable de rivaliser et concurrencer les centres commerciaux apparus au cours des quatre dernières années.
Le marché des bureaux n'a pas connu de significatives modifications depuis plusieurs mois. L’ancien stock situé dans d’anciens immeubles sans parking se négocie autour de 175 à 200 dollars le m2 par an. Il faut compter presque le double pour les bureaux modernes. Les opportunités de vente sont rares et les prix des quelques bureaux disponibles font le grand écart (de 3 500 à 6 000 dollars le m2) en fonction de l’emplacement, les spécificités et la gourmandise des propriétaires.
Sur le plan résidentiel, il y a une quinzaine de nouveaux projets actuellement en cours dans les secteurs de Wadi Abou Jemil et Minet el Hosn. Les réussites sont contrastées. Malgré le faible appétit de la clientèle arabe, certains appartements se vendent bien. A l'opposé, d'autres projets dont la construction est déjà bien avancée rencontrent de réelles difficultés pour écouler leur stock alors que leurs prix ne sont pas si éloignés d’immeubles haut de gamme d’Achrafieh et de Ras Beyrouth. La saison estivale sera un bon test pour analyser l’intérêt des expatriés et des ressortissants du golfe pour des appartements dont les prix de départ tournent autour de 4 300 à 5 000 dollars le m2.
Rubrique preparée par RAMCO Real Estate Advisers et publiée en exclusivité dans le quotidien L’Orient le Jour le 12 juin 2008.
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