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La "baraka" des dollars de la Finul au Liban sud
Le 27 décembre 2007
 


TYR - La présence des 13.000 Casques bleus au Liban sud, avec leurs millions de dollars injectés dans l’économie locale, ont fait fleurir les commerces de cette région dévastée par la guerre en 2006.

Dans le souk grouillant de Tyr, la Finul est une aubaine qui compense les pertes causées par cette guerre déclenchée par Israël le 12 juillet après la capture de deux de ses soldats par le puissant Hezbollah chiite.

"La Finul c’est une baraka. Notre commerce dépend d’elle", dit Ali Zeidane, propriétaire d’une boutique à souvenirs. "Tous ces produits leur sont destinés", dit-il en montrant les plats en bois incrustés de nacre et décorés des drapeaux colorés du Liban et des 28 contingents.

Pour les soldats déployés à la frontière internationale entre le Liban et Israël, ce commerçant a créé de petits narguilés facilement transportables aux verres décorés d’arabesques dorées encastrant le nom des pays.

"Le marché était gelé, maintenant il vibre", lance-t-il ravi. "Les Italiens sont les plus généreux, même s’ils ont appris à marchander".

La Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul), force de paix déployée au Liban sud depuis 1978, a vu ses effectifs considérablement élargis par le Conseil de sécurité, après la guerre de 34 jours en 2006.
"40% des 90 millions de dollars alloués aux achats en 2006-2007 sont allés dans des produits achetés localement", a déclaré à l’AFP la porte-parole de la Finul, Yasmina Bouziane.

La Finul se procure localement carburant, nourriture, eau minérale, produits de construction et équipement de bureau.

Elle "emploie près de 600 personnes locales. Nombre qui peut atteindre les 4.000 si nous incluons ceux recrutés directement par chaque contingent", ajoute Mme Bouziane.

Ils sont traducteurs, moniteurs de médias, caissiers, chauffeurs, mécaniciens, ingénieurs ou secrétaires.

"Au niveau personnel, même si chaque soldat ne dépense qu’un dollar par jour, ceci représente une entrée de 13.000 dollars", estime la porte-parole.
"En plus, il y a 365 membres du personnel civil de la Finul dont certains accompagnés de leurs familles, des organisations humanitaires comme les démineurs et la Croix Rouge internationale. Ils louent des appartements, achètent des aliments et envoient leurs enfants à l’école", selon elle.
"Les fonds considérables dont disposent la Finul et les organisations humanitaires ont créé une effervescence économique qui a encouragé les grands commerces de Beyrouth à ouvrir des succursales au sud", déclare le directeur de la banque Libano-Française à Tyr, Antoine Hadid.
"Depuis 2006, les transactions financières ont augmenté de 40% dans le sud (...) et sept banques ont ouvert des succursales à Bint Jbeil", précise M. Hadid.

Sur la corniche de Tyr, restaurants et cafés s’égrenent en un long chapelet face à la mer bleue.

"Rien que sur la corniche, on compte 25 établissements, dont des chaînes internationales. Un café se loue 1.000 dollars par mois et un restaurant 4.000, ils n’auraient pas ouvert s’ils perdaient", explique Raymond Salha.

Son hôtel de treize chambres, aménagé dans la vieille demeure familiale surplombant la mer, ne désemplit pas en accueillant les proches du personnel civil de la Finul.

"Je n’exploite pas leur présence, j’ai maintenu mes prix : 60 dollars la chambre double petit-déjeuner compris", affirme M. Salha.

Dans un magasin de téléphones portables, Fouad Hejazi traduit en portugais à un haut gradé de la Finul, les propos d’un vendeur libanais.

Ce trentenaire maîtrise aussi l’espagnol, l’anglais et le roumain. "Je travaille avec eux depuis huit mois pour un salaire mensuel de 2.500 dollars contre 500 dans un établissement libanais", raconte M. Hejazi.

Grâce à un prêt, Mounir, un menuisier a réaménagé trois appartements qu’il loue au personnel civil de la Finul. "Les loyers ont grimpé. Un 3 pièces qui se louait 600 dollars/mois en mai vaut aujourd’hui entre 800 et 1.000 USD", se réjouit-il.
 
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