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Le Hezbollah s’exprime sur le plan de réformes du gouvernement
Le 13 février 2007, 01h09 - actualisée
 


Dans un entretien accordé à L’Orient le Jour du 13 février à propos du programme de réformes économiques du gouvernement, le Hezbollah a jugé que les volets relatifs à la croissance et aux services sociaux étaient trop faibles. Abdel-Halim Fadlallah, vice-président du Centre consultatif pour les études et la documentation, a ainsi estimé que le plan (dans lequel il a cependant relevé quelques mesures positives) ne s’attaquait « pas au cœur des déséquilibres de l’économie ». Il a regretté que ce plan ne soit pas « global. C’est un programme financier, auquel a été ajouté un volet social pour le faire accepter localement ». Concernant le volet économique et financier du programme, le responsable du Hezbollah a estimé que ce plan « se base sur une évaluation erronée des problèmes de l’économie libanaise. Le gouvernement impute la crise à la guerre civile, à la guerre de juillet et aux dépenses sociales ». Or, selon lui, le coût de la reconstruction depuis 1992 à aujourd’hui s’élève entre 5 et 8 milliards de dollars et les dégâts directs causés par l’offensive israélienne ne dépassent pas 1,5 milliard de dollars. Pour M. Fadlallah, les racines de la crise économique proviennent des politiques monétaires et fiscales coûteuses et inefficaces menées depuis la fin de la guerre civile. Parmi ces racines, il a cité le « service de la dette qui s’est élevé à 31,5 milliards de dollars depuis 1996, soit près de 39 % des dépenses publiques », ainsi que « la disparité entre les prévisions de dépenses publiques et les dépenses réelles ». Il a également insisté sur « le coût de la politique de la stabilisation du taux de change par rapport au dollar et non à un panier de devises, alors que les États-Unis ne sont pas le principal partenaire commercial du pays ». Selon Abdel-Halim Fadlallah, le gouvernement aurait dû mettre en place entre 1992 et 1998 « une politique fiscale pour financer la reconstruction, au lieu de recourir exclusivement à l’endettement à travers le secteur bancaire ». Concernant justement les mesures fiscales du plan, s’il salue la mesure d’unification de l’impôt sur le revenu, Abdel-Halim Fadlallah estime en revanche que « l’augmentation des impôts indirects, que ce soit à travers la TVA ou le prix de l’essence, se répercutera gravement sur les classes défavorisées qui ont déjà payé un lourd tribut ces dernières années ». Concernant les privatisations, le Hezbollah juge que « le but d’une privatisation est de réduire le coût pour le client en instaurant la concurrence. Mais si le transfert de la propriété du public au privé s’opère sans libéralisation du secteur, ce but ne sera pas atteint ».

M. Fadlallah a également regretté que les dépenses d’investissements publiques soient gelées à 2,7 % du PIB, alors que selon lui, « simplement pour assurer la maintenance des infrastructures et les déficits accumulés à ce niveau, les dépenses doivent être de 3 % du PIB. On ne peut pas compter sur les investissements privés pour tous les secteurs, les pouvoirs publics ont un rôle à jouer notamment dans les infrastructures ».

Concernant le volet social du plan, M. Fadlallah a notamment estimé que le gouvernement ne devrait pas se contenter d’amplifier les aides directes aux plus défavorisés (handicapés, personnes âgées, familles monoparentales…) mais « améliorer les filets sociaux et élargir la base des bénéficiaires ».

Selon le Hezbollah, un gouvernement d’union nationale est de toute façon le seul garant de la mise en œuvre de réformes préservant les intérêts du plus grand nombre.
 
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