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BEYROUTH (AFP) - Le Liban a réclamé lundi une aide internationale de 382 millions de dollars pour reconstruire le camp palestinien de Nahr al-Bared, dévasté par plus de trois mois de combats et où les premiers réfugiés ne pourront pas rentrer avant au moins six mois.
Cet appel a été lancé par le Premier ministre libanais Fouad Siniora lors d’une conférence à Beyrouth des principaux pays donateurs.
La première phase doit couvrir les besoins d’urgence des réfugiés palestiniens, soit 55 millions de dollars, et des habitants libanais, 28 millions, selon des études préliminaires.
Le coût de la deuxième phase, qui concerne la reconstruction du camp, s’élève à 249 millions de dollars, auxquels il faut ajouter 50 millions nécessaires à la reconstruction des propriétés libanaises endommagées durant les combats entre l’armée libanaise et le groupe du Fatah al-Islam.
"Le Liban ne peut pas le faire seul, c’est tout simplement au-dessus de nos moyens", a dit M. Siniora devant un parterre de représentants de la Banque mondiale, de l’Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie, des pays arabes et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
L’ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Jeffrey Feltman, a annoncé une aide de 10 millions de dollars pour les réfugiés, alors que l’Allemagne a indiqué qu’elle allait consacrer 4 millions d’euros pour la reconstruction.
L’Italie a fait part de son intention de débloquer près de deux millions d’euros sous forme d’aides urgentes. La Norvège a annoncé également une aide de 1,7 million de dollars.
Le directeur de l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés de Palestine (Unrwa), Richard Cook, a déclaré à l’AFP qu’"aucun réfugié ne pourra rentrer au camp avant les six prochains mois".
"Par la suite, quelques réfugiés pourraient prendre le chemin du retour, mais nous devons nous assurer d’abord de l’état de leurs maisons et de la sécurité de l’environnement", a-t-il ajouté.
Le "plan de retour" de l’Unrwa sera mis à exécution dès l’obtention du feu vert de l’armée libanaise pour rentrer dans le camp, en commençant par des opérations de déminage déjà entamées par les soldats.
"Nous avons quatre équipes de démineurs qui ont déjà travaillé dans le sud après la guerre de l’été" 2006 entre le Hezbollah chiite et Israël, a précisé M. Cook. "Des ingénieurs seront par la suite dépêchés sur place pour évaluer" quels immeubles sont habitables ou inhabitables.
Il s’agit notamment de dégager les décombres, dont le volume atteindrait 800.000 mètres cubes, selon l’Unrwa, puis de les trier et tenter de récupérer les affaires personnelles des réfugiés.
"Une fois que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aura retiré les cadavres du camp, nous traiterons les problèmes sanitaires découlant de la décomposition des corps et de la destruction des égouts", a poursuivi M. Cook. Un réseau électrique temporaire sera également mis en place.
La question primordiale reste celle du logement. L’Unrwa envisage d’instaurer des maisons provisoires en béton dans les alentours du camp, chacune pour une famille de cinq membres en moyenne. Ces maisons seront construites sur des terres louées par l’Unrwa.
Dans l’immédiat, deux écoles préfabriquées seront mises en place près du camp de Baddaoui, plus au sud, où se trouvent les réfugiés de Nahr al-Bared.
Par ailleurs, "nous avons octroyé jusqu’à maintenant des aides au logement à au moins mille familles pour le montant de 600.000 dollars qui leur servent à louer des appartements", a expliqué M. Cook.
Les affrontements à Nahr al-Bared, les pires depuis la fin de la guerre civile au Liban en 1990, ont fait près de 400 morts, dont au moins 222 islamistes et 163 soldats, selon un bilan officiel.
La quasi totalité des 31.000 réfugiés avaient fui pendant les premières semaines de combats.
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