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Le Liban va privatiser le mobile pour baisser ses tarifs exorbitants
Par Rana Moussaoui
Le 01 novembre 2007, 09h30 - actualisée
 


BEYROUTH (AFP) - L’Etat libanais, dont les tarifs de communication sont parmi les plus chers au monde, entend privatiser bientôt son secteur de téléphonie mobile, qui représente pourtant l’une de ses principales sources de revenus.

Une conférence de presse sera organisée vendredi pour lancer le processus, qui devrait aboutir à la privatisation du réseau GSM appartenant à l’Etat et géré actuellement par deux opérateurs, MTC Touch et Alfa, dont le contrat se termine à la mi-2008.

Un troisième opérateur doit faire son entrée sur le marché libanais l’année prochaine. Les sociétés intéressées auront jusqu’à janvier 2008 pour présenter leurs dossiers.

"Nos tarifs locaux et internationaux sont parmi les plus élevés au monde, si ce n’est les plus élevés", affirme Kamal Shehadi, président de l’Autorité de régulation des télécommunications (TRA). "Le Libanais paye en moyenne 65 dollars par mois, contre 40 dollars par exemple pour un Saoudien, sachant que le Produit intérieur brut (PIB) du royaume est deux fois supérieur à celui du Liban", ajoute M. Shehadi, précisant qu’"un Européen paye encore moins de 40 dollars". "Pour les cartes prépayées, qui représentent 75% des abonnés, la minute est en moyenne à 44 cents, c’est énorme", indique-t-il.

Pour ceux qui ont un abonnement, les coûts ne sont pas moindres. "Avant même de parler, ils paient 41 dollars, qui couvrent l’abonnement, la TVA et les options, puis la communication proprement dite (14 cents par minute), qui comprend une taxe perçue par l’Etat (6 cents par minute)", explique Zouheir Berro, président de l’association des consommateurs.

Si l’Etat doit sacrifier un secteur considéré comme une "poule aux oeufs d’or" avec 900 millions de dollars de revenus bruts par an, c’est qu’il s’est engagé à entreprendre des réformes lors de la conférence des pays donateurs qui s’est tenue le 25 janvier à Paris. La conférence avait permis de réunir 7,6 milliards de dollars de promesses de dons. Les avantages de la privatisation devraient en outre compenser la perte de revenus. "Avec la privatisation, on prévoit à moyen terme une augmentation du taux de croissance économique d’au moins 1 à 1,5% chaque année, une baisse du service de la dette et une augmentation du volume de la TVA", précise M. Shehadi.

L’économie du Liban a accumulé une dette publique de 40,5 milliards USD depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

Pour une société aussi fanatique du portable, le taux de pénétration du marché, qui ne dépasse pas les 30%, soit près d’un million d’abonnés, peut surprendre. "Avec la libéralisation du secteur, ce chiffre grimpera facilement à 80%", estime M. Shehadi. Selon ce dernier, privatiser est une nécessité pour ne pas rester à la traîne dans la région où tous les pays, sauf la Syrie et la Libye, ont privatisé leurs télécoms.

Le projet fait toutefois grincer des dents. "Nous craignons le passage du monopole de l’Etat à un monopole privé, en d’autres termes, que le pouvoir choisisse des sociétés qui lui sont proches", explique M. Berro. Mais l’Autorité de régulation des télécoms assure que l’appel d’offres, tout comme l’adjudication, se fera en toute transparence.

Le Liban entend également privatiser son réseau fixe, qui compte environ 550.000 abonnés. "Fin 2008, l’Etat cèdera 40% de ses actions à un opérateur comme première étape pour la création de Liban Télécom", indique M. Shehadi.
 
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