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Bientôt une "Silicon Wadi" au Liban?
BEYROUTH, par Nada Akl | iloubnan.info - Le 25 novembre 2009
Lors du forum 4site qui a eu lieu la semaine dernière, les investisseurs, les innovateurs et les entrepreneurs de la région se sont réunis pour discuter des nouvelles technologies et de l’innovation dans l’entrepreneuriat. Parmi les questions majeures qui se sont posées lors de ce rendez-vous : Une Silicon Wadi serait-elle possible dans la région? Question clé pour le Liban. Est-il possible que notre environnement puisse favoriser la création de la prochaine plate-forme technologique régionale? Mais d’ailleurs, quelle est l'importance de l'environnement dans ce domaine-là?

Quelle est l'importance réelle de l'environnement pour promouvoir l'esprit d'entreprise on line? La question était sur la table lors du forum 4site organisé à Beit el Tabib à Beyrouth les 17 et 18 Novembre en collaboration avec Global Entrepreneur Week. Est-ce qu’une Silicon Wadi Possible? Comment et Quand? A quels autres modèles devrions-nous penser pour la région WANA (Asie de l'Ouest / Afrique du Nord)? Hervé Cuviliez de de Kuv capital, et l’entrepreneur et investisseur en capital-risque
japonais Joi Ito ont discuté de la question. Cuviliez insiste sur l'importance d’un environnement sain avec tout un écosystème d'incubateurs, de finaceurs spécialisés dans le capital-risque et d’universités pour favoriser un lancement réussi. Il s'avère que Kuv capital réfléchit déjà à l’idée d’une Beirut Media City. Ne divulguant que peu d'informations sur le projet, Cuviliez explique que les investisseurs sont sur le point de conclure l'affaire de l'achat d'une localisation au nord de Beyrouth, destinée à devenir le nouveau pôle technologique de la région. Beirut Media City, en partenariat avec d'autres plates-formes technologiques en Europe ou dans le Golfe, permettrait aux professionnels d'un pays d’avoir également accès aux services et aux facilités des pays étrangers.

De son côté, Joi Ito, PDG de Creative Commons, souligne les avantages du Liban: représenter une économie sur une si petite surface géographique Le peut qu’inciter le pays à répondre aux besoins d'un public international. Selon lui, moins le gouvernement s'en mêle, mieux c’est. Prenant cela en considération, le fait que le secteur privé libanais ait montré qu’il pouvait rester opérationnel même sans gouvernement est un grand avantage. Il minimise l'importance de l'environnement puisque l'écosystème est de plus en plus virtuel. Toutefois, il avoue que les capitalistes à risque qui ne sont pas encore en harmonie avec les possibilités du web sont ceux qui se concentrent davantage sur l'environnement des entreprises. Donc la question d'attirer des capitaux au Liban demeure effectivement un problème. Pour illustrer la façon dont selon lui les choses doivent être envisagées, Joi Ito se souvient des jours où il était DJ : il raconte qu’une petite foule de gens décontractés attiraient un public toujours plus nombreux.

En bref, les conseils de Joi Ito pour les entrepreneurs ambitieux:

"Toujours participer aux communautés où vous êtes entrain de construire des systèmes, assister à des conférences, participer à des forums ...".

"Continuer aussi longtemps que possible sans argent à investir et attendre au moins 200.000 utilisateurs avant d’opter pour un commanditaire" (car selon lui le capitaliste à risque peut imposer une certaine direction à suivre qui peut entraver voire inhiber le cours d’un bon commencement).

Enfin, quant à savoir si le Liban peut favoriser un environnement idéal pour le financement ou non, pour lui, ça n’a même pas d'importance : "les légendes de commencement réussis sont toujours en rapport avec une ‘étincelle’, et pas avec des plans d'affaires alléchants ni le financement de l’incubateur".


Finalement, on réfléchit à une amélioration globale et virtuelle de l'environnement, mais commencer par améliorer les principales infrastructures seraient sûrement profitables au développement des talents prometteurs du Liban : elles contribueraient peut-être à mettre un frein à la fuite des cerveaux et à attirer les investisseurs qui savent justement que le Liban a les cerveaux pour alimenter une plate-forme technologique en plein essor, comparable à la Silicon Valley aux États-Unis ou à Dubai Media City dans le Golfe. Et puis un petit coup de pouce à l'échelle locale pour des « success-stories » de renommée mondiale… voilà qui pourrait être une solution pour le pays.
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