VIENNE - Les quatre pays arabes du Golfe contribueront à hauteur de 50% aux frais de reconstruction du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, a annoncé lundi le Premier ministre libanais Fouad Siniora.
"La contribution apportée par les quatre pays arabes du Golfe, l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweit et les Emirats Arabes Unis, sera de 50%, et le reste sera apporté par la communauté internationale", a déclaré M. Siniora devant la presse, en marge d'une conférence de donateurs à laquelle participaient quelque 70 délégations à Vienne.
M. Siniora n'a pas chiffré la contribution de ces quatre pays. Son porte-parole, Aref al-Abed, a indiqué à l'AFP qu'une réunion des pays arabes donateurs était prévue le 1er juillet à Ryad pour fixer le montant de leur contribution.
En revanche, l'ensemble des pays occidentaux ont promis lundi lors de la conférence un montant de 122 millions de dollars, selon lui.
Selon les estimations établies par les organisations internationales, dont l'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA), il faudra trouver environ 450 millions de dollars pour la reconstruction de ce camp sur une période de 3 ans.
Le camp de Nahr al-Bared, qui accueillait près de 31.000 personnes, avait été détruit lors des violents combats l'an dernier entre l'armée libanaise et des membres du mouvement islamiste Fatah al-Islam, se réclamant de l'idéologie d'Al-Qaïda.
Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a d'entrée annoncé lundi une contribution de 10 millions de dollars de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Devant la presse, il a déclaré une nouvelle fois que si l'on voulait "aboutir à une solution (de la question palestinienne) d'ici fin 2008, alors la communauté internationale doit s'assurer qu'Israël mette fin à sa politique des colonies" en Cisjordanie.
Parlant au nom de l'Union européenne, la commissaire européenne aux Affaires étrangères, Benita Ferrero-Waldner, a avancé le chiffre de 45 millions de dollars (28 millions d'euros) pour la contribution des Européens à la reconstruction du camp. Elle a rappelé que l'UE avait déjà déboursé 500 millions d'euros pour venir en aide aux Palestiniens.
La Suisse a proposé une contribution de l'équivalent de 19,2 millions de dollars, et l'Autriche 1,5 million de dollars, selon des sources diplomatiques précisant que la moitié des fonds autrichiens devraient financer des projets de développement au profit des femmes réfugiées.
Pour le Premier ministre libanais, si ce projet de reconstruction devait échouer, cela entamera gravement la confiance des Palestiniens dans le gouvernement libanais dans les 12 autres camps installés dans le pays.
Il a souligné qu'après la reconstruction de ce camp, qui avait été occupé par les islamistes se réclamant de l'idélogie d'Al-Qaïda, "la sécurité du camp sera assurée par la police libanaise en coopération avec la communauté" palestinienne.
"Je peux vous assurer que cela contribuera à créer de meilleures relations entre Palestiniens et Libanais jusqu'à ce que (les Palestiniens aient) l'assurance qu'ils peuvent rentrer chez eux", a encore déclaré M. Siniora.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a lui aussi replacé la reconstruction du camp dans un contexte plus général. L'amélioration des conditions de vie à Nahr al-Bared constituera "un pas positif après toutes les nouvelles négatives" concernant le conflit israélo-palestinien, selon lui.