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Economie

A Paris, le UK Lebanon Tech Hub présente à la diaspora libanaise des startups innovantes "Made in Beirut"

PARIS | iloubnan.info - Le 14 mars 2017 à 17h11
Nicolas Sehnaoui, ancien ministre libanais des Télécommunications, est le président du conseil d'administration du UK Lebanon Tech Hub.

Organisé jeudi soir à l’hôtel Hyatt, porte Maillot à Paris, l’événement du UK Lebanon TechHub fut une bonne occasion de réfléchir au potentiel des sociétés libanaises innovantes et de leur faculté à ouvrir de nouveaux marchés à l’étranger.

Le UK Lebanon Tech Hub est né au Liban d’une initiative de la Banque centrale et de l’ambassade du Royaume Uni à Beyrouth. L’idée : offrir aux startups et sociétés innovantes libanaises un écosystème leur permettant de se développer et d’atteindre des marchés internationaux. Cette pépinière d’entreprises joue le rôle d’incubateur pour déjà 70 sociétés. Elle a permis de lever 11 millions de dollars pour les starts ups (elle offre une garantie de prêts bancaires à 75%), et de créer 350 emplois. Certaines sociétés peuvent être hébergées dans les très modernes locaux de l’incubateur (non loin du centre-ville de Beyrouth) où elles bénéficient d’une connection internet performante et d’une électricité fiable, avantages non négligeables pour se développer dans un pays où ni l’une ni l’autre ne sont garanties.

La fibre optique au Liban d'ici un an à un an et demi

On interroge d’ailleurs Nicolas Sehnaoui, président du conseil d’administration du UK Lebanon Tech Hub, sur l’avancement des progrès en matière d’Internet au Liban. M. Sehnaoui a été ministre libanais des Télécommunications de 2011 à 2014. Pendant son mandat au gouvernement, il a apporté à ce secteur de réelles améliorations, notamment pour les entreprises (baisse du coût de l’internet et amélioration de la rapidité des connections notamment, nous avons pu le vérifier nous-mêmes dans les locaux de la rédaction à Achrafieh). Cependant, pour le commun des mortels et des entrepreneurs au Liban, c’est encore loin d’être parfait (ça aussi nous le vérifions tous les jours dans nos bureaux, où coupures et ralentissements de la connection interviennent régulièrement). Mais Nicolas Sehnaoui est optimiste. "La nouvelle équipe ministérielle actuelle s’applique à remettre les projets en route," dit-il.  "Nous tenons aussi à l’aider en lui faisant bénéficier de notre expérience. Je suis optimiste pour les télécommunications au Liban. Le nouveau PDG d’Ogero va faire du bon travail et le Premier ministre Saad Hariri a de bonnes intentions concernant l’économie digitale."

Selon l'ancien ministre, la fibre optique arrivera au pays du Cèdre d'ici un an à un an et demi.
Quant à la connexion ADSL elle sera mise à niveau d’ici 6 mois.

Innovation, réunions, constructions

On lui demande ce qu’il dirait à un entrepreneur issu de la diaspora libanaise souhaitant faire profiter le Liban de son savoir-faire et de son expérience. "S’il s’agit d’une startup, je lui dirais de venir s’installer au Liban où dans le cadre du UK Lebanon Tech Hub nous l’aiderons à réussir son entreprise en devenant un business global. S’il s’agit d’une entreprise déjà établie, alors je lui dirais de faire profiter le Liban de ses compétences et de voir comment il pourra utiliser l’écosystème libanais pour poursuivre son développement."

En attendant, les exposants présents ce jeudi soir au Hyatt sont tous des chefs d’entreprises basées à Beyrouth, soutenus par l’incubateur.

L’un des stands attire irrésistiblement l’attention. C’est celui de Silex et son Panoramic Telepresence Experience. Au centre d’une table ronde est posé un cube, dont chaque face est composée d’un écran de type "tablette".

L’idée, c’est de proposer un outil pour permettre des visio-conférences conviviales, lors desquelles tous les participants font face à l’interlocuteur. "Depuis 30 ans on organise les visio-conférence devant un mur", explique Ronald Hajj, le CEO de Silex. "D’abord c’est inconfortable car tous les participants ne sont pas placés face à l’écran et doivent parfois se tordre le cou. Ensuite, ce n’est pas une disposition spontanée : un groupe de personne aura naturellement tendance à se réunir autour d’une table."

Le cube est équipé de ports USB notamment et permet aussi d’effectuer, dans le même esprit, des présentations lors de meetings. Le son est excellent (on l’a testé dans un environnement bruyant). Le résultat est enthousiasmant. "D’autres y avaient pensé avant nous" dit Ronald Hajj… en nous montrant une photo tirée d’un des films de la saga Star Trek. On y voit le Dr Spock, le capitaine James Kirk et leurs collaborateurs, réunis autour d’une table sur laquelle est posée un triangle qui fait irrésistiblement penser à la version triangulaire du PTE de Silex (celle qui par définition présente seulement trois écrans).

Hasard réjouissant. La science-fiction y avait peut-être pensé mais Ronald Hajj, lui, l’a fait. Et il représente désormais une perspective d’emploi pour les jeunes ingénieurs diplômés.

"Nous faisons partie de la première génération d’entreprises soutenues par le UK Lebanon Tech Hub. Ils nous ont aidés à nous structurer, à mieux définir notre approche aussi. Ils nous ont permis d’être accompagnés par un mentor qui nous a orientés. Nous avons maintenant des distributeurs en Australie et aux Moyen Orient, bientôt aux USA et en Europe," précise Ronald Hajj.

Même écho positif chez une autre société dont le stand figurait aussi au Hyatt ce soir-là : MakerBrane. "Le UK Lebanon Tech Hub nous a permis de bénéficier de conseils et d’orientation, de mentoring, et de nous offrir une visibilité lors d’événements comme celui-ci à Paris," explique Sabine de Maussion, co-fondatrice avec Ayssar Arida de cette société lancée à Beyrouth il y a deux ans, elle aussi parmi les premières compagnies à entrer dans le UK Lebanon Tech Hub.

MakerBrane met en relation les amateurs de construction de tous âges (dès 6 ans), désireux d’imaginer de nouveaux assemblages, avec des créateurs, geeks et/ou designers. Tout ce petit monde se connecte via une plateforme digitale qui permet aux joueurs de trouver des "plans" d’objets à construire mis en ligne par des designers : villes, machines, animaux, ou toute sorte de bizarrerie futuriste. 

Le jeu et la créativité sont en fait à l’origine même de l’idée de MakerBrane. "Quand nous nous sommes installés à Beyrouth il y a deux ans, je me suis rendue compte que mes filles s’amusaient avec des jouets standards, sans identité spécifique au pays. J’ai trouvé ça vraiment dommage," raconte Sabine de Maussion. Ayssar Arida et elle conçoivent alors une urbacraft, jeu de construction personnalisable qui permet de représenter des monuments et lieux emblématiques de Beyrouth (comme le musée Sursock) ou d’ailleurs. Puis naît un dispositif innovant et original : pourquoi ne pas donner aux enfants et aux joueurs de tous âges des idées de constructions, en fonction des pièces qu’ils ont chez eux ? Les pièces spécifiques de MakerBrane (en vente via leur site internet) sont compatibles avec différents éléments existant sur le marché. On peut construire un véhicule extraterrestre ou un tyrannosaure, en utilisant des pièces MakerBrane, du Légo, du Mécano, de LittleBits ou Arduino…

Pour accompagner les joueurs dans leur envie de montage, des designers proposent des créations en fonction des pièces à disposition. Exactement comme un utilisateur énumère ce qu’il a dans son frigo pour qu’on lui propose une recette sur internet, les joueurs indiquent les pièces qu’ils ont dans leurs placards, et un designer leur propose une création à réaliser à partir de là.

"Les joueurs - des 'Makers' - sont d’avantage motivés par la réutilisation ingénieuse que par l’accumulation. Le service est payant, les designers sont rémunérés à chaque transaction. C’est un excellent revenu d’appoint pour des étudiants en design par exemple, à moindre effort." Si la demande des enfants de 8-12 ans pour la construction est très forte, les fondateurs de MakerBrane ont d’ores et déjà noté "un fort engouement d'étudiants en art/design et ingénierie (18-20 ans) pour la partie créative".

A noter que MakerBrane, actuellement en "prélaunch", reçoit un accueil très favorable notamment sur le marché américain, où les utilisateurs sont nombreux à rechercher ce type de services. Pour l’heure, la société a installé ses bureaux tout près des locaux du UK Lebanon Tech Hub à Beyrouth.

Pour notre part, on ressort du Hyatt avec en tête que décidément, il y a des talents, au Liban.

Tags
#Economie, #Innovation, #Startup, #Technologie
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