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Economie

La diaspora arabe : une chance pour les affaires

BEYROUTH | CGNews - Le 30 aoűt 2012 à 22h31
Par Nada Akl
Une carte détaillant la diaspora arabe dans le monde. Source: http://en.wikipedia.org/wiki/File:Arabs_Diaspora.PNG
Pour les immigrés de la diaspora arabe — qui ont quitté leur pays pour l’Occident ou d’autres régions — la tension entre le désir de ne pas se détacher de la patrie et celui de s’intégrer à une nouvelle culture est un vrai problème. Mais une nouvelle génération d’astucieux jeunes entrepreneurs exilés est en train d’inventer de nouvelles solutions.
Plutôt que de choisir entre abandonner la mère patrie pour participer à une nouvelle culture et rejeter leur nouvelle communauté pour retrouver leur pays d’origine, des membres des diasporas arabes choisissent une troisième voie : lancer des ponts leur permettant de participer à ces deux mondes. Ce qui veut dire : créer des réseaux entre la mère patrie et le pays d’adoption, ou bien tirer profit de la demande, dans leurs nouvelles communautés, de produits et services de leur pays d’origine.

Avec le développement des technologies de la communication et des voyages internationaux, les membres de la diaspora n’ont plus besoin, pour accéder à leurs nouvelles communautés, de laisser derrière eux leur patrie. Ils peuvent, au contraire, choisir d’être à cheval entre les deux, en promouvant les échanges économiques entre les deux pays. Ni renoncer au pays d’origine, ni préférer y retourner : ils ont tout simplement “renégocié leurs liens avec l’identité de leur diaspora”, selon les termes de l’anthropologue socio-culturel Arjun Appadurai.

Renégocier avec l’identité de sa diaspora, c’est-à-dire : assumer et affirmer la réalité d’une identité complexe comprenant “pays d’origine” et “nouvelle patrie”, ce qui conduit à répondre à des questions sur les besoins spécifiques de chaque communauté de la diaspora. Ces questions ne relèvent plus de débats théoriques, elles ont pénétré le monde des affaires.

Les diasporas d’aujourd’hui sont plus visiblement organisées que jamais. Le foisonnement des nouvelles technologies leur offre les outils qui leur permettront de prospérer en tant que communauté transnationale dynamique. Les diasporas arabes en particulier se sont puissamment enracinées de par le monde — rien qu’aux Etats-Unis, 1,7 millions de citoyens d’origine arabe, si l’on en croit l’Arab American Institute Foundation. Leur psychologie des marchés locaux est le produit d’un monde qui transcende la géographie intègrent des identités façonnées par la rencontre des cultures.

Un exemple remarquable en est Hady el Khoury, l’inventeur de l’application Keefak, destinée à ceux qui veulent apprendre le dialecte libanais. Ce Libanais expert en sécurité informatique, vit à Paris. L’idée lui est venue lorsqu’il a constaté que lui-même et ses concitoyens expatriés avaient du mal à enseigner leur langue à leurs enfants.

Ce sentiment croissant d’identité biculturelle s’exprime également dans des réseaux qui soutiennent la croissance économique dans les pays d’origine. Ainsi, des expatriés établis dans la Silicon Valley choisissent de placer leur argent dans des entreprises de leurs pays d’origine, leur permettant ainsi de se hisser à un niveau international.

Inversement, l’apport de produits et services destinés aux marchés de la diaspora permet de combler un vide culturel dans les pays d’adoption, introduisant la culture libanaise au Brésil ou la cuisine marocaine au Canada. Ces débouchés permettent aux diasporas d’apporter leur contribution à leur nouvelle patrie, confirmant ainsi qu’ils n’y sont plus des étrangers. Ils enrichissent également la cité, dont les résidents découvrent la cuisine, la musique ou les idées d’autres cultures. Il suffit parfois d’un restaurant libanais ou d’une boutique de vêtements jordanienne.

Les diasporas, creuset des connexions et des échanges entre les sociétés, sont aujourd’hui une composante majeure de la société planétaire et un puissant accélérateur du changement. Sans être nouveau, ce phénomène est plus répandu que jamais.

Malgré la nostalgie du retour qui peut les hanter pendant des générations, et le puissant attachement de certains immigrés à leurs racines, il est clair que, pour ceux qui vivent la diaspora, il ne s’agit pas de choisir l’un de leurs deux pays, mais bien plutôt de rester solidaire de deux cultures.

Ces nouveaux venus, tout en contribuant à leur pays d’origine, participent au développement des collectivités qui les accueillent, créant ainsi des liens transnationaux qui enrichissent la planète tout entière.

Nada Akl, journaliste freelance, vit à Beyrouth.
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