Retour aux origines
Tous les danseurs rêvent de faire un voyage en Argentine et, bien sûr, à Buenos Aires : c’est là, dans les bas-fonds des quartiers populaires et des maisons closes, qu’est né le tango à la fin du XIXe siècle. Une musique d’abord, puis une danse traversée d’influences cubaines, andalouses ou africaines. Dans la capitale bouillonnante, les immigrés amènent avec eux la habanera, le tango andalou, le candombé ainsi qu’une certaine douleur : celle de l’exil et du déracinement. Le tango devient alors le moyen de retrouver son identité et d’exorciser l’arrachement au pays natal.
Observez d’ailleurs un couple danser et vous remarquerez que les pieds ne quittent presque jamais le sol : en contact permanent avec lui, ils marquent le désir de s’ancrer dans la terre, à la recherche de son identité mais aussi de ses origines et de ce qui a été perdu. Peut-être est-ce là l’une des raisons de l’universalité du tango argentin. En Europe, au siècle dernier, au Moyen-Orient aujourd’hui, le tango s’adapte en effet à toutes les cultures car toutes sont marquées par la nostalgie ou la mélancolie d’une époque révolue, et peut-être plus encore au Liban…