Jeunes musulmans libéraux
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| Dans une rue de Damas, de jeunes Syriens regardent des photos des stars du feuilleton turc ''Nour''. Crédit photo: AFP PHOTO/Louai BESHARA |
Fatwa ou pas, la "Nourmania" fait des ravages. Au souk de Tunis comme à Jérusalem-est, des t-shirts frappés des photos de Mohannad et Nour se vendent comme des petits pains. A Naplouse, en Cisjordanie, plusieurs cafés portent désormais les noms des deux tourtereaux, qui, dans la version originale, s'appellent Gümüs et Mehmet. "Je vends plus de 500 photos des héros de ''Nour'' par jour, et surtout celle de Mohannad. Les filles en raffolent", assure Hussein, près de l'Université de Damas. Une agence de voyage à Nazareth a même profité de l'aubaine pour promouvoir ses voyages organisés en Turquie. Elle inclut dans son programme une visite au magnifique yali (résidence au bord du Bosphore) où se déroule l'action.
Dans les restaurants et les cafés à Beyrouth, c'est bien "Nour" qui apparaît sur les écrans plutôt que les JO de Pékin. "Ce genre de feuilleton reflète une dualité entre modernité et tradition que les Arabes vivent mais n'assument pas", affirme Melhem Chaoul, sociologue libanais spécialiste des médias. Il nous soulage en quelque sorte de cette angoisse". Il ajoute : "Des femmes qui travaillent mais sont opprimées par leurs maris ou des hommes machistes forcés d'accepter l'égalité avec la femme s'identifient à ces personnages". Pour Souheir Farraj, réalisatrice palestinienne, "+Nour+ montre de jeunes musulmans libéraux, et les téléspectateurs d'ici semblent aspirer eux aussi à cette réalité".