La Mercedes noire s’arrête juste à hauteur du tapis rouge à l’entrée. Derrière elle, Jaguar et autres BMW attendent à leur tour d’être prises en main par le voiturier. De leur côté, les agents de sécurité s’occupent de soigneusement filtrer la clientèle à l’entrée. « C’est beaucoup de frime le Sky Bar, pour entrer il faut avoir des relations ! », ironise Zeina, 28 ans. Cette directrice de communication reconnaît volontiers que l’année dernière, il lui est arrivé de se faire refouler à plusieurs reprises. C’était une « autre époque », où son carnet d’adresse n’était pas très fourni. Comme Zeina, ils sont des milliers chaque soir à tenter leur chance pour pénétrer dans LA boîte la plus en vue de Beyrouth.
Il faut reconnaître que l’endroit vaut le détour… Le Sky Bar s’est installé sur le « roof » d’un des immeubles du Biel, un centre d’exposition qui s’avance sur la mer. Sa terrasse de 1000m² offre une vue imprenable sur la méditerranée d’un côté et la capitale libanaise de l’autre. L’architecture est tape-à-l’œil mais évite quand même le mauvais goût. Au centre de cet espace ouvert, l’immense bar lumineux en forme d’éclair multicolore contraste avec le vide immensément noir aux alentours, où seules les lumières vacillantes de Beyrouth Est sont perceptibles. Les Libanais raffolent du concept « tête dans les étoiles ». Sarah vient presque tous les soirs au Sky Bar pour échapper aux soirées d’été étouffantes à Beyrouth. « Ici, je sens l’air de la mer, je n’ai même pas l’impression d’être en ville. Je respire ! ». Les ventilateurs disposés aux quatre coins de la terrasse y sont pour beaucoup dans « la sensation fraîcheur »… Le lieu joue la carte de l’élégance avec canapés blancs, tables en bois verni, murs anthracite incrustés de petites ampoules et bouteilles d’alcool soigneusement alignées le long du bar éclairé.