Hamra, un restaurant dans une ancienne maison beyrouthine, une cuisine typiquement libanaise et… des couples qui dansent sur un air de tango argentin ! Soudain, dans un des quartiers les plus pittoresques de Beyrouth, c’est toute l’ambiance des milongas de Buenos Aires retrouvée ! Ainsi, dans le pays de la joie de vivre, se trouvent aussi des gens pour aimer la mélancolie du tango, « ce sentiment triste qui se danse » . A Beyrouth, cependant, il se danse toujours dans une certaine gaieté, à la différence peut-être de Paris et des autres capitales européennes. Dans toutes les milongas (bals, soirées de tango argentin), l’ambiance est chaleureuse et décontractée. Tout le monde ou presque se connaît et s’invite avec simplicité.
Sur la piste, par contre, c’est autre chose : les couples sont sérieux, concentrés sur eux-mêmes, les visages sont presque graves. On est très loin du défoulement du rock’n roll ou de la salsa. Chaque danseur semble plongé dans une profonde réflexion qui le transporte dans un autre monde, un autre temps. « Quand je danse, j’entre dans une transe. Le tango argentin est la seule danse qui offre une telle possibilité d’évasion. C’est une expérience exceptionnelle très profonde », explique Georges, danseur et professeur. « C’est une drogue douce, renchérit Sami qui prend des cours depuis un an. La musique est particulièrement envoûtante ».
Transe, envoûtement… autant dire que les danseurs sont bien plus que de simples amateurs qui se distraient de temps en temps. Ce sont des amoureux, des passionnés. Le tango est entré dans leur vie souvent par hasard et il n’en est jamais ressorti. « Avec mon mari, nous sommes allés en Argentine rien que pour danser. Nous n’avons rien fait d’autre ! », explique Mira en riant.