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L’huile d’olive du Liban : une histoire de commerce équitable
Par Élodie Morel Lebbos


Crédit photo: Tony Hage

Il y a quelques années, qualifiées « d’huiles difficiles », les huiles d’olive du Liban n’étaient pas appréciées par les consommateurs français et restaient absentes des boutiques françaises spécialisées. C’est en tout cas ce que le distributeur Olive & Co a expliqué à Nayla Moawad, quand elle s’est étonnée, lors d’un voyage à Paris, de ne pas trouver d’huile libanaise dans les rayons de leurs prestigieuses boutiques. Sa fondation (la fondation René Moawad) ayant entre autres objectifs de maintenir les agriculteurs libanais dans les zones rurales du pays, pourquoi ne pas les aider à améliorer leur système de production et à pénétrer le marché français ? Oliviers & Co est séduit par cette idée et, en 2003, envoie au Liban un de ses experts pour, avec la fondation, dresser un état des lieux et proposer des pistes de travail pour améliorer la situation. Diagnostic : oliviers magnifiques, modes de récolte catastrophiques. En collaboration avec Oliviers & Co, un projet d’amélioration du secteur de la culture de l’huile d’olive est alors lancé par la fondation René Moawad, bénéficiant d’un financement de l’USAID (agence américaine de développement international). La fondation engage deux ingénieurs agronomes. Fin 2003, un premier pressoir est installé à Kfifane. Il faut en finir avec les anciens pressoirs, « souvent vieux et sales, explique Olivier Baussan, fondateur d’Olviers & Co. De plus, les olives sont laissées dans des sacs pendant des heures avant d’être apportées au moulin, ce qui altère le goût de l’huile qui devient forte et difficile à goûter. ». Plusieurs petits moulins seront alors placés dans la région, pour faciliter l’extraction de l’huile dans l’heure qui suit la cueillette. La récolte 2003 n’est pas énorme, 1000 litres, mais elle est exportée en France et très appréciée des consommateurs. En 2004, elle est même exportée vers les USA.
Désormais, au Liban Sud, dans le Akkar ou encore à Bsous, de nombreux agriculteurs appliquent les conseils de la fondation Moawad en matière de procédés d’extraction. En améliorant leur production, ils ont pu rester sur leur terre.

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