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Vin libanais: un verre de romantisme, un verre d’histoire


Le vin libanais existe sans doute depuis des millénaires. Mais malgré la renommée de certains producteurs comme Château Musar, seules un nombre modeste de bouteilles est exporté pour être vendu à l’étranger. Dans une interview avec l’agence Reuters, le spécialiste du vin Michael Karam (auteur de Wine of Lebanon, publié en 2005) explique pourquoi cette petite industrie de 25 millions de dollars par an devrait se faire un nom plus important. Selon lui, ce qui rend le vin libanais si spécial, c’est sa rareté, et le fait que quand on boit du vin libanais, on boit un vin issu de raisin ayant mûri sur une terre qui produit du vin depuis 6000 ans, un vin provenant de vignes plantées dans la vallée de la bekaa, le site du temple de Bacchus. C’est quand même quelque chose. « Si vous voulez agrémenter votre verre d’un peu de romantisme et d’histoire, vous pourriez trouver pire ! » affirme Michael Karam.

Selon cet expert, les débutants en matière de vin libanais devraient commencer par les plus connus, des rouges comme « Le Prieure » de Ksara, « Les Breteches » de Kefraya, le « Massaya Classic », or le « Les Emirs » de Clos St Thomas. « Mieux vaut qu’ils évitent le Château Musar, affirme-t-il, car son goût est si particulier qu’il pourrait bien ne pas plaire à tout le monde. D’ailleurs, le monde du vin est divisé quant au Château Musar. »

A l’autre bout de l’échelle, pour les plus aguerris, Michael Karam cite « Château Musar 91, 88 et 95 pour le rouge ; Château Musar 98 pour le blanc. Kefraya Comte de M 96, si vous pouvez en trouver. Ksara Troisième Millénaire 2000. Massaya Réserve d’Or 2003 ou un Massaya Sélection argent, de n’importe quelle année. Ou un Château Clos St Thomas ».

Concernant l’avenir de l’industrie du vin libanais, Michael Karam explique qu’ « elle peut survivre et surtout grandir, mais cela dépendra des producteurs de vin qui devront adopter une approche du marketing plus pro-active. Si le vin libanais doit être reconnu sur le marché international (alors que le rendement n’est que de six millions de bouteilles par an, soit à peu près la même chose que pour un unique exploitant français), les producteurs libanais ne pourront pas partir à la conquête de ce marché chacun de leur côté. Ils doivent y aller ensemble. La marque de ces vins doit être le Liban, avant même leur appartenance à tel ou tel vignoble.

The Wines of Lebanon
de Michael Karam (texte), Norbert Schiller (photos)
Editeur : Saqi Books
Langue: Anglais
27 octobre 2005
263 pages

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